LE PROJET
Au Salvador, les tremblements de terre sont fréquents. En 2001, l’un d'eux a détruit une bonne partie des habitations en terre, faisant de nombreuses victimes. Plusieurs ONG sont venues a la rescousse, dans l’urgence, distribuant des tôles à qui voulait, si bien que de nombreuses familles se sont retrouvées dans des maisons « micro-ondes », comme on les appelle ici, c'est a dire des petites boites faites de 5 tôles et qui chauffent, chauffent, chauffent avec le soleil… Caritas a mis en place une action longue durée, soutenue financièrement par divers organismes comme Misereor, soutenue techniquement par l'organisme Fundasal, et relayée dans certaines régions par les diocèses. Ainsi, en 2001, plusieurs personnes et notamment 3 maçons de Caritas ont été formés a la construction parasismique en adobe par Wilfredo Carazas, architecte spécialisé dans les constructions en terre.
Depuis, les équipes de Caritas et les relais du diocèse assurent la coordination du projet, le planning, ciblent les familles les plus nécessiteuses parmi les demandes. Les familles s’organisent ensuite en collectifs de 10 personnes demandeuses. Chacune de ces 10 personnes essaie de trouver l’appui de 2 ou 3 membres de son entourage pour l’aider au sein du collectif. Les collectifs sont formés par les maçons de Fundasal et par les équipes de coordination. Ensemble, les membres du collectif préparent la terre et construisent chaque maison. Fundasal assure la supervision du projet au niveau technique et suit le projet sur les points délicats.
Cela fait 6 ans que le projet existe, et cette année il a été décidé d'en faire une évaluation globale sur tout le Salvador. Comment les maisons ont-elles été construites ? Quel est leur état aujourd’hui ? Ont-elles été agrandies ? Comment les destinataires apprécient ils le projet ? Comment les gens s’organisent pour les constructions…? Wilfredo Carazas est donc revenu pendant 3 semaines arpenter le Salvador dans ses communautés les plus reculées. Nous avons fait un bout de chemin avec lui et avec deux équipes locales : Mauricio et Liliana qui s’occupent de la coordination du projet pour le diocèse de San Miguel (photo ci contre), et Wilmer et Ana Teresa qui s’occupent de la coordination du projet au sein de l’organisme Caritas de Santa Ana.
LE PRINCIPE CONSTRUCTIF
Le principal objectif de ce projet est d’éviter que la maison s’écroule sur ses habitants qui, surpris par le tremblement de terre, n’ont pas le temps de sortir dehors. La maison doit résister à un tremblement de terre de magnitude 6/7 sur l’échelle de Richter.
Traditionnellement, les gens construisent en brique d’adobe ou en torchis. Les points qui font la force de la construction sismo résistante sont :• La forme de la maison ( le carrée étant la plus sismo résistante)
• Des briques d’adobe carrées (brique de terre séchée au soleil)
• L’ajout de contreforts
• L’ajout d’une ossature dans les murs en terre.
• Le chaînage de tous les murs de la maison, horizontalement comme verticalement.
La construction se décompose en plusieurs modules carre. Le projet assure la construction d’un module ou de deux. La maison peut ensuite être agrandie en ajoutant les symétries des modules existants et en les chaînant les uns aux autres.


LA CONSTRUCTION :
• Fabrication des briques adobes :

La fabrication des briques adobes nécessite beaucoup de temps. La terre appropriée doit être à la fois sableuse et argileuse. Mélanger cette terre avec de l’eau puis de la paille, constituer un mélange bien homogène, mouler les briques, et laisser sécher plusieurs jours.
• Fondations et chaînage bas


• Montage des briques d'abode avec les renforts verticaux et les contreforts. Toutes les trois ou 5 assises de briques, on ajoute aussi des bambous fendus pour fortifier la structure horizontalement.



• Le chaînage haut est constitué soit de poutres béton, soit d'une rangée de briques d’adobe en forme de U dans lesquelles on coule du béton.
• La charpente est en bois ou bambous ou en poutrelle métallique et fer à béton, la couverture en tuiles cuites ou en tuiles fibro ciment.
• Les différentes couches d’enduit : un enduit terre pour régulariser le mur, puis un enduit chaux sable (ou ciment chaux sable si l'enduit est très fin (pas plus d'un centimètre) mais autorisé seulement en extérieur a cause de la pluie, pas en intérieur, la brique devant respirer) puis peinture à la chaux.
LE BILAN
En décembre 2006, un nouveau tremblement de terre, certes plus faible que celui de 2001 mais tout de même important, a secoué le pays. Les maisons ont tenues, les gens ont sentis leurs maisons trembler mais aucune ne s’est écroulée. En 6 ans, de nombreuses familles ont bénéficié de ce projet qui perdure et prend de l’ampleur. Cependant on peut noter quelques difficultés liées à différents facteurs et notamment à la construction d’extension.

La technique :
Sur les modules de base, la formation pourrait etre apuyée sur certains points comme la construction sur un terrain en pente, l’importance et la maintenance des enduits
Le planning :
Il est difficile de caler les constructions de maisons entre l’arrivée des financements et la saison des pluies; il faut trouver des solutions comme couvrir le chantier (à l’aide d’une structure bambous contreventée et d’une couverture de bâches noires)

Les destinataires du projet : deux types de demande :
Le choix des familles doit être considéré selon deux types de demande différentes qui impliquent deux organisations propres.
• Les demandes individuelles : le projet s’organise alors autour de collectifs regroupant 10 personnes demandeuses. Le problème rencontré ici est la démotivation de certaines personnes, le système constructif étant plus compliqué à mettre en œuvre qu un système traditionnel. Le groupe de 10 personnes se retrouve quelquefois à 5, ce qui constitue moins de force de travail.
• Les demandes familiales : des familles assez nombreuses sont demandeuses ; elles comportent suffisamment de membres pour mener à bien le projet seules. Ces demandes n’étaient à l’origine pas le concept du projet mais fonctionnent très bien, les gens étant patients et motivés.
Reconsidérer le concept de base du projet : urgence ou extension ?
Le projet arrive à un niveau de développement recquierant la prise en compte de nouveaux facteurs. En effet, dans les maisons visitées, nombreuses sont celles qui ont fait l’objet d’une extension, malheureusement non réalisée selon les concepts sismo résistants. Les gens n’ont pas demandé conseil aux membres du projet et ont agrandi selon leur propre initiative. Reste t-on dans le projet d’urgence, à savoir la construction d’un module de base, ou doit on considérer un nouveau volet, les extensions de ces modules de base ?
• Certains ont conservé l’adobe mais en utilisant la technique traditionnelle ou en mélangeant les deux techniques. Les raisons majeures sont :
- Manque des moules nécessaires : ces moules sont très faciles à construire mais à cause de l'epaisseur des joints, il est difficile pour eux d’effectuer le calcul pour connaître les dimensions des demi briques. La solution serait donc de laisser deux moules dans chaque maison.- Manque d’argent et de matériaux : Certains n’ont pas fait les contreforts ou de renforts en bambous. Les matériaux soit disant locaux ne sont pas forcement locaux car ne sont pas disponibles sur le lieu même de construction. Les gens n’ont bien souvent même pas de quoi les acheter aux voisins ou les faire transporter de plus loin.
- Manque de temps pour faire les renforts horizontaux en bambous.

- Manque de formation : Très souvent, ils ont plaqué le nouveau module contre le module de base, au lieu de la chaîner (enlever une brique sur deux sur le renfort de la constructin existante et venir y accrocher le nouveau module).
• D’autres ont utilisés d’autres matériaux parce qu’ils avaient un peu d’argent et qu’il est plus facile d’acheter des briques cuites et des parpaings que de passer du temps a fabriquer les adobes. Or ces matériaux et la terre ne travaillent pas de manière égale, et lors d'un tremblent de terre ils se comporteront différemment. Par exemple, une construction en ciment collée contre un module en terre va osciller plus fort et va donner comme des coups de marteau à la construction en terre qui va finir par tomber. La solution est de construire soit dans le même matériau en chaînant les deux modules, soit de construire le module différent plus loin.
DES IDEES RESSORTIES DE L'EVALUATION POUR AMELIORER LE PROJET...

• Sensibiliser la population sur le fait que comme toutes, cette maison a besoin d’entretien, notamment au niveau des enduits,
• essayer de donner le réflexe aux gens de consulter les « spécialistes » de la construction en terre pour avoir des conseils.
• Anticiper les usages de la future extension donc les répercussions sur la conception du module de base (par exemple où placer les portes et les fenêtres pour ensuite desservir l’agrandissement…) et proposer des plans plus flexibles et qui tiennent compte de l’évolution des matériaux en fonction des disponibilités locales.
• Trouver de nouvelles solutions de financement si le projet ne finance que les constructions d’urgence, par exemple voir si au sein des collectifs, certains pourraient fournir certains matériaux et faire des échanges entre membres.
• Assurer de nouvelles formations sur la manière d’agrandir les modules et combler le manque de personnes formées techniquement ET présentes tout le temps localement, (à qui les personnes peuvent demander conseils et suivi sans avoir à aller à l’autre bout du pays).
• Si le projet reste un projet d’urgence, sensibiliser les familles sur ce qu’elles pourront ou ne devront pas faire dans le futur, éventuellement leur fournir des plans ou des dessins d’extensions possibles ?

Après une journée de bus de Managua, nous arrivons à San Salvador, capitale du Salvador. Ce pays, dans lequel nous n'avions pas prévu de passer nous intrigue. Nous allons suivre Wilfredo Carazas pendant une partie de sa mission d'évaluation.
Rapidement, nous nous rendons compte de ce qui a marqué et ce qui fait ce pays. La colonisation espagnole puis américaine, la guerre civile, les tremblements de terre, les volcans...
L'empreinte de la colonisation espagnole, d'abord, est très présente dans ce pays, on peut voir des edifices de styles colonial dans toutes les grandes villes. Plus ou moins beau, en plus ou moins bon état...



Il y a aussi la guerre civile encore dans les souvenirs. Celle ci a débuté en 1980 par le meurtre de Mgr Romero, eveque de San Salvador, pendant son office... La guerre civile qui a suivie, tres meurtiere, a divisé le pays, fait fuir des dizaines de milliers de salvadoriens aux USA...
Ajoutez à tout cela des tremblements de terre (Le tremblement de terre de 2001 a tué beaucoup de Salvadoreniens, et détruit beaucoup d'habitations), des volcans dans tous le pays (dont certains sont plus ou moins actifs)... Le Salvador n'est au premier abord pas le pays ou il fait le mieux vivre...
Quelques petites photos du Volcan San Miguel, dont la dernière éruption n'est pas si lointaine... La lave a recouvert une vaste étendue de territoire, sur laquelle les gens doivent se battre pour habiter, faire pousser des arbres, amener l'eau courante...

Et puis l'influence des USA !! D'abord la monnaie ici est le dollar US. Ancien pays colonisateur, toujours exportateur de CocaCola, accords économiques à gogo (qui bien sur profitent surtout aux USA... Le cultivateur de maïs Salvadorenien a été obligé il y a quelques années de se reconvertir, car le "grand frère" inonde le pays de son maïs transgenique beaucoup moins cher car hyper subventionné... même le paysan Salvadorenien, pourtant pas payé plus du 10e du cultivateur américain n'est pas compétitif). Mais comme le Mexique, le Nicaragua et d'autres pays de la région, le Salvador est obligé de se plier aux régles du jeu. Et comme chaque famille salvadorienne ou presque a un membre qui travaille aux USA, et qui renvoit des sous au pays pour faire vivre la famille, et bien on critique les USA, doucement, mais on est bien content quand même !!
Malgre tout cela, on a vraiment passé du bon temps dans ce pays... Les gens, d'abord sont vraiment adorables, serviables, toujours prèt à aider... On ne se sent nullement agressé, quasiment personne ne nous demande de l'argent du fait qu'on soit touristes... Soizic qui n'a pas du tout le look Salvadorien (des belles blondes, on n'en a pas croisé beaucoup !!) a eu droit à quelques regards curieux, mais à chaque fois pour lui dire qu'elle avait de très beaux yeux... du bonheur.
Et puis les paysages, forcement, avec ses volcans, ses lagunes, ses parcs naturels, ses oiseaux exotiques (perroquets...) Le programme de ces quelques jours, outre le projet que l'on suit est plutot tranquille par rapport au speed Bluefileños des derniers mois. On se promène, on suit la mission, ce qui nous permet de découvrir le pays d'est en ouest : San Miguel et sa région, Santa Ana et sa région... de la frontière Hondurienne à la frontière Guatemaltèque. On flane dans les villes qu'on trouve bien agréable, on mange des Pupusa (galette de maïs - transgenique ? - farcie de divers fromage, frijole, viande) du Casamiento (riz et frijol)...
On est plutot tranquille et c'est vraiment agréable...
Nos regrets ? Ne pas avoir eu le temps d'aller au Guatémala tout proche pour y découvrir sa culture, ni d'avoir eu le temps de passer voir le cousin de Soizic au Honduras... Ma foi ce sera l'occasion d'un nouveau voyage, qui a dit qu'on rentrait bientôt en France ??
L'album photo du Salvador est aussi en ligne
A bientôt !!
S&V
Nous devions partir vers le sud, pour faire un peu de tourisme au Nicaragua et au Costa Rica, avant d'enchainer à Quito equateur avec le projet Silae...
Vacances annulées, on part au nord, direction le Salvador, le plus petit pays d'Amérique centrale.
Un ami de Soizic, Wilfredo Carazas, architecte specialisé en constructions en terre, est actuellement là bas pour l'evaluation d'un projet d'habitat en terre, commencé il y a 5 ans. Nous suivrions le groupe pendant 2/3 semaines. Adieu Vacances !!
Puis direction Quito pour ledit projet Silae, avec une semaine de retard, mais on a une bonne raison !!
A bientot !!
Soiz et Vince


Kakabila est une petite communauté situee sur le territoire de Laguna de Perlas, a 20 minutes en panga de Laguna de perlas. Elle compte une soixantaine de foyers et 700 habitants, dont plus de la moitié a moins de 15 ans. Il y a 3 écoles, une "maternelle", une "primaire" et le "college" qui ne fonctionne plus car le prof est parti. On y trouve aussi un centre de santé, mais ni infirmiere ni médecin. Evidemment pas de reseau electrique mais quelques generateurs diesels de grosses puissances (des groupes electrogenes de 5000 watts, pour alimenter une tele et quelques lumiere, c'est pas tres rentable...)
Les maisons sont de bois ou de ciment, tout y est tres propre. Tous les matins les femmes ratissent le village. L 'herbe est rase, tondue par les vaches et chevaux en liberte. C'est une question de survie, les animaux dangereux comme les serpents n'ont pas de cachettes pour venir s'y fourrer!


Les gens y sont tres gentils, tres souriants, tres accueillants. C'est une communaute Miskito et Créole. on y parle anglais et miskito. Anneth, la soeur d'Edgar (le chef de la communaute) cuisinera pour nous. Elle et son mari ont 7 enfants. Jason a 13 ans et ne va pas a l'ecole faute de prof, Wilfredo, 10 ans est atteint de la polio, quant aux jeunes Smiley et Kiris, 7 et 8 ans, ils passent beaucoup de temps avec leur lance pierre ou a imaginer beaucoup de betises a faire...



On n'a jamais aussi bien mangé de tout notre sejour au Nicaragua. La communauté étant constitue de beaucoup de pecheurs, on mange du tres bon poisson, et de la tortue, strictement interdite a la peche. Mais comme la communauté vit depuis tres longtemps de cette peche, ils outrepassent les lois consciemments.

Les gens ici vivent aussi du "bush" (la jungle) alentour, certains y ont leur "plantation" de coco, de yuka, de bananes, d'autres s'y rendent pour chasser le "deer" ou le "Cusuco". La jungle est tres oppressante. On y est alle une journee, pour voir les singes, peroquets et chasser le cusuco. en vain pour le cusuco i


Les gens d'ici sont tres demandeurs de projets et sont moteurs. Par contre, la mairie de Laguna de perlas a d'autres priorite, car personne de la communaute n'est au conseil municipal. donc Kakabila n'est pas beneficiaire de beaucoup de projets, et certains suspectent la mairie de recuperer ce pojet de Blue Energy pour ne plus avoir a faire de projets a Kakabila avant quelques annees... Ah les joies de la politique et du developpement...
Bref, tout ca pour dire que les gens d'ici ont besoin avant tout d'une ecole et d'un centre medical qui marchent. Mais ils seront quand meme tres motive et tres interesse pendant la semaine pour nous aider ! En effet, le systeme que nous installons va permettre :
- avant tout de la lumiere dans les 2 classes de l'ecole, donc la possibilite de faire des cours du soir pour adultes, de developper plus d'artisanat, de fabriquer des filets a crevettes le soir... donc d'augmenter la productivite et les revenus !
- ensuite de brancher un refrigerateur, ce qui va permettre aux instits de vendre des frescos, des bieres fraiches, des glaces, et ainsi de pouvoir acheter des livres, cahiers et crayons pour l'ecole.
- de mettre a recharger des telephones portables, la communication hors kakabila est ainsi largement amelioree
- de mettre peut etre en place une scierie, pour ainsi pouvoir fabriquer des meubles et augmenter les revenus de la communaute...
- et enfin de pouvoir recharger des batteries 12V, qui connecte a des lampes 12 volts permettent d'amener de la lumiere dans les maisons...
Et donc, apres 10 jours de travail acharne (vraiment !) quand meme entrecoupes de bains de mers, de coupures de crabes, de lever de soleil fabuleux, et de bonnes parties de rire et de baseball avec les enfants, de bieres chaudes et de guitare, la turbine est enfin montee sous le regard anxieux de toute la communaute.



Beaucoup ne savent pas comment ca fonctionne, si il y aura de la lumiere en haut, si la tour risque de tomber, l'eolienne de faire du bruit ou de prendre un eclair... Nous avons tous 2 fait un travail tout au long de la semaine de rencontre et de communication avec les gens pour repondre a leurs questions, leur donner des details, leur apprendre que malheureusement ce systeme n'apportera pas la lumiere dans toute les maisons dans les mois a venir. Ce travail de communication nous semble a tous 2 extremement important, et ca n'a malheureusement pas l'air d'etre la priorite de l'ONG.
4 operateurs, formes par les bons soins de Vincent puis de Francois seront responsables de la bonne marche de l'eolienne. Et surtout responsables d'appeller Blueenergy rapidement en cas de probleme majeur...
Ce fut une belle aventures, en somme ! encore quelques photos pour vous prouver qu'on est content !!! A bientot !!


Nous avons donc profité de cette opportunité pour aller visiter les Corns Islands, invités par Claridad, amie de longue date de la famille de Guillaume et donc de l'ONG. Comme quelques photos valent parfois mieux qu'un long discours, nous en avons mis quelques unes dans l'album photo... Vive la technologie et la gestion de lien !

Les Corn Island sont 2 îles au milieu des caraïbes, Big Corn et Little Corn. Ancien repaire de pirates, cocotier, soleil, plages de sable blanc et -enfin- de l'eau transparente (ah oui, l'eau dans la baie de Bluefields est marronnasse, a cause de toutes les rivières et les poubelles de la ville qui se jettent dedans...).
Pour la semaine sainte, tous les Nica vont à la plage. A Big corn Island, c'est direction "PicNic Center", la plus grande plage de l'île... toute l'île est là pour faire la fête, se baigner, faire des "rencontres", boire. Nous avions donc le reste de l´ile pour nous tout seuls!!
Big Corn Island est traversée par une piste d'aérodrome... le raccourci pour aller chez nous c'était de traverser la piste. Comme pour un passage à niveau, on regarde à droite, à gauche, et on traverse ! Rassurez vous, il n'y a que 4 avions par jours...
La plongée avec masque et tuba... pfiou, magique !! 2 heures dans l'eau à barboter au milieu d'épaves de bateaux (dont un galion, il ne restait que quelques canons recouverts de coraux), à admirer les poissons multicolores, tortues, coraux... on se croyait dans un aquarium ! Vincent et Soizic sont contents ! Et au retour sur le bateau... 5 dauphins qui jouent avec la proue, à droite, à gauche, qui sautent hors de l'eau... instant de pure magie !!
On était donc plutôt ravi... mais conscient d´etre dans un coin très touristique (on n'a jamais vu autant de touristes que là bas, impressionnant !)
Effectivement, quand on discute avec Danni, notre collegue Nica qui a grandit sur cette île, on se rend compte que c'est loin d'etre tout rose. Les corns islands sont reputes pour etre une plaque tournante de la drogue dans les caraibes, avec tout ce que ca peut comporter de trafiquants, de gens pas forcement tres nets et de lieux ou il ne faut pas trainer...
Et grandir aux corn island, ca veut dire aller a l'ecole jusqu'a 14 ans (si on a de la chance) et partir travailler sur un bateau de peche par la suite... Ca peut vouloir dire avoir faim de temps en temps, pas d'electricite ni d'eau courante des qu'on est hors des centres urbains, des centres de sante pas forcement tres propres ni efficaces, des ouragans de temps en temps qui detruisent toutes les maisons de bois, et comme partout sur la costa, un farniente ambient qui ne poussent pas facilement les gens a se bouger pour s'en sortir.
Bon, voila, on a fait nos touristes 5 jours, rassurez vous nous n'avons pas touché le corail, pas jeté d'ordures, ni d'argent par les fenêtres... Nous avons essayé de faire nos touristes pas trop con, quoi !
S&V
Soiz a mis a jour la page du site de Blueenergy sur Punta de Aguila. C'est un peu les memes infos que l'article qu'on a ecrit... en plus politiquement correct car les financeurs et autres organisations y auront acces plus facilement...
Sinon on est revenu hier de l'instalation d'eolienne a Kakabila... Il y a desormais de la lumiere a l'ecole, un refrigerateur et des prises pour charger des telephones portables. Grand progres qui meritera un article complet tres prochainement...
Bon et puis on reste encore quelques jours, le temps de refaire les sacs, de faire une derniere petite fete pour deguster la Victoria locale (qu'on boirait bien avec du picon, mais bon...) et manger le fameux Rondon et hop nous voila parti !
un article
Moi (c'est Vincent qui parle) je me dis que forcement, une grande majorité des enfants qui auront ces ordis ne les utiliseront pas. Du fait de l'analphabetisation, de l'absence de formation des instits, de problèmes techniques...
Mais si 0.1% des ordis sont utilisés et servent, ce sera déjà ça de gagné...
Qu'en pensez vous ?
Avez vous des sources ??
On attends vos commentaires sur le sujet !
cliquez ici pour y accéder !
Par contre contrairement aux articles de notre blog qui resteront toujours en ligne, cette page restera jusqu'à la prochaine mise à jour ou elle disparaitra pour toujours, donc dépechez vous d'aller la voir (vous avez quelques semaines tout de même...)
Eliane, on compte sur toi pour nous sauvegarder aussi cette page !!!
D'abord, le projet à l'embouchure de l'amazonne, sur l'ile de Marajo aura bien lieu, à partir de début aout 2007 pour 1 mois. Etude pluridisciplinaire des besoins de développement d'une communauté là bas. L'équipe, composé de personnes de différents horizons, devra déterminer les axes de développement prioritaires. C'est un projet très interessant, sans doute un projet à long terme, sur lequel, pourquoi pas, on travaillera depuis la France à notre retour, quand les nécessités auront été définies...
Ensuite, le projet Silae, en Equateur. Milton, le responsable, à répondu favorablement à notre venue là bas. Sans doute en mai - juin. Le projet Silaé est un projet d'éléctrification des communautés de la forêt équatorienne... C'est plus un sujet qui interesse Vincent à la base (encore ;-)... Il faudra travailler sur l'approvisionnement en énergie pour la production de biens. Par exemple de l'énergie pour un moulin à farine, un métier à tisser... Afin de permettre aux gens de produire plus de choses, de meilleures qualités, pour augmenter leur revenus et leur niveau de vie... Enfin on voit ca comme ça d'ici, on aura plus de détails sur place.
Et puis le projet à Lima, avec l'ONG Estrategia, on a décroché une bourse française, avec la fondation "frere d'espérance" pour le projet de construction de ferme éco-pédagogique, qui va pouvoir commencer, hiiiiiha !!! Nous essaierons d'être là bas vers juin juillet.
Cette ferme éco pédagogique va servir à enseigner aux enfants des notions de base sur le respect de l'environnement, la qualité de l'eau, l'importance de se laver les mains, l'élevage des animaux...
Ca prend forme, on est content, bon dimanche !
Cela fait deja deux semaines que nous sommes rentres et nous sommes super occupes... Ce fut un voyage superbe, riche en experiences et en interrogations... ce pourquoi nous prenons un peu de temps pour ecrire!
L'ONG Blueenergy à installé une turbine éoliene de 8 pieds - 500 watts maximal, à Punta de Aguila il y à un peu plus de deux ans. Cette turbine sert à charger des batteries, pour donner de l'éléctricité dans les maisons de la communauté. Or, celle ci était tombé en panne depuis quelques temps, il fallait donc aller la réparer.
Nous sommes partis très vite, une opportunité de voyage avec Pedro, le chef de la communaute, s'étant présentée. Tres vite... m'enfin... un tres vite nicaraguayen, ce qui signifie hurry up and wait tout le temps, comme dit notre "chef"! Il faut toujours etre pret mais attendre les autres! Nous devions donc partir lundi matin et n'avons finalement pris la mer que le mercredi suivant...

Nous sommes partis avec une montagne d'affaires : bouffe, outils et affaires perso. Au port d'embarquement des communautés, une petite pirogue (un tronc d'arbre creusé et quelques planches rajoutées) d'à peine un peu plus d'un metre de large et 12 m de long nous attendait. Moteur de 15 chevaux. Il y avait avec nous les deux chefs de la communaute. Chargement, calage de toutes les affaires, de Vincent et de Soizic plutot a l'avant de la pirogue, et depart! Nous traversons deja la baie de Bluefields, calme, puis avançons sur la mer. Waouh! Au départ plutot engageante, voici la mer qui forcit peu a peu. De belles vagues de 2/3m emportent la pirogue. La pirogue se couche, flirte avec l'eau, mais jamais trop. Notre panguero (capitaine) a 60 ans de mer et de metier de pecheur derrière lui et il la connait, sa mer... Impressionnant, tout de meme!

Nous nous arretons d'abord a Monkey Point, pour un controle chez les militaires. Les paysages sont deja magnifiques. Splendides, le paradis! Les collines tombent abruptement ou s'enfoncent doucement dans l'eau, la vegetation est luxuriante. Une heure de pirogue en plus en nous voila arrivés a Punta de Aguila sur une plage quasiment vierge.
Nous logons dans la maison, ou plutot la grande cabane, de Pedro, notre capitaine. Toutes les maisons sont faites de planches en bois et couvertes d'un toit de branchage ou de toles, et sont surrelevées sur des pilotis d'un metre de hauteur, empechant certains animaux dangereux de rentrer, empechant les remontées capillaires et créant par la meme occasion un abri pour les animaux domestiques. Ainsi donc, quelques planches separaient notre petit matelas des gros cochons noirs. Gron gron!


Ces cabanes ne comportent qu'une seule grande piece, quelquefois deux cloisons delimitent la chambre des parents, et un petit abri est rajoute à l'avant de la maison pour cuisiner.
Nous nous sommes donc tranquillement installés, matelas et moustiquaires, et sommes partis explorer le petit village et rencontrer les gens.
Les Ramas parlent un espece de patois créole anglais. Soizic parle desormais plus mal anglais qu'avant... Les Ramas sont timides, tres timides, communiquer avec eux est difficile. Peut etre sont ils sur la reserve par caractère mais aussi sachant qu ils ont casses la turbine. Mais surtout, leur enfermement, leur timidité et leur manque d'aptitude a gérer des choses s'explique en grande partie par leur histoire. Ils ont connu l'esclavage et ont toujours été relégués au bas de l'échelle. Quand la région était au mains des anglais, les anglais en ont confié la gestion (tout en les assujetissant!) aux Miskitos et aux créoles et les Ramas etaient les esclaves de tous ces gens la. Ils étaient nombreux sur la cote, et ont été exterminés. Ils doivent etre peut etre 1000 aujourd'hui?Nous commencons a travailler, suivi par un ou deux Ramas seulement. Ils nous semblent peu motivés par les systemes energetiques qui leur procurent de la lumière... Nous controlons l'etat de la turbine et des installations électriques dans les maisons. Nous croyons a un triste bilan : La turbine est cassée, les batteries trop basses pour fonctionner à plein rendement, et les systèmes éléctriques mal entretenus dans les maisons. Seul le panneau solaire et le système électrique de l'ecole fonctionne correctement. Essentiel, puisque l'école est utilisée le soir pour le travail des enfants, pour la préparation des cours par le maitre, pour la messe, ou pour quelques reunions de village.

Nous réparons ce que nous pouvons et tirons d'interessantes conclusions techniques et sociales de nos observations... mais il nous manque quelques cles pour comprendre que ce triste bilan cache beaucoup plus de points positifs que nous le croyons!!
Effectivement, nous pensions que les rotors de la turbine étaient délogés suite a un mauvais branchement ayant provoque un electroaimant, creant un blocage mecanique. En fait, le rotor était fabriqué de cette manière, mais était juste mal entretenu, et la corrosion a fait gonflé les aimants ce qui a occasionné le blocage. La turbine n'est donc pas cassée, il faut simplement l'entretenir!
Techniquement, les erreurs possibles nous ont permi de tirer d'interessantes conclusions sur la manière dont on peut simplifier le systeme et l'ameliorer.
Socialement, ce voyage a ete tres important, renforcant l'idée dans l'ONG de límportance d'un meilleur accompagnement des communautés tout au long du projet. Les échanges avec les personnes présentes depuis longtemps dans l'ONG nous ont permi de largement relativiser certains points. Punta de Aguila a été il y a 3 ans la premiere communauté dans laquelle Blueenergy a installé une eolienne. Ce projet a été fait assez rapidement et a servi de projet test et de projet vitrine pour des recherches de subventions. Le lieu fut choisi par facilité, des contacts liés précédemment pour une étude linguistique facilitant l'implantation d'un tel projet. Nous sommes rentres en nous demandant si il fallait continuer a travailler avec ce peuple qui nous semblait peu motivé. C'etait sans connaitre d'une part l'histoire des Ramas et d'autre part ce que l'ONG y avait deja fait, nous montrant donc quelles ont été les évolutions. Un peuple qui n'a jamais été considéré mériterait qu'on arrête de le discréditer. C'est dans l'accompagnement sur de très longues années que les choses s'ancrent. L'apprentissage a long terme ! Au bout de 3 ans, le système de paiement commence a se mettre en place et les feuilles de recharge de batterie sont remplies. C'est deja une grande avancee!
Cela dit, cela ouvre forcement le débat sur le développement, ses priorités et ses limites. La priorité est elle l'éducation ? L'éducation passe t-elle par la lampe à la maison le soir ? C'est le choix qu'a fait Buleenergy. Soizic penche plus sur la presence sure d'instituteurs. Une autre question : le systeme est il sufisamment fiable (dans le sens simple et robuste, car les erreurs humaines sont toujours possibles) pour etre integré dans ce genre de communaute ? BlueEnergy repond que d'une part c'est a nous d'améliorer le systeme et que d'autre part, il est indispensable d'apprendre la patience et la vue a long terme. Oui, ils ont cassé toutes leur batteries alors qu'ils viennent de finir de les payer. Mais au moins ils vont comprendre ce que nous leur disions, puisqu'ils vont devoir en acheter d'autres : Des batteries ca s'entretient!
On ne peut pas comparer l'ONG a une entreprise. Le but n'est pas le rendement, mais le developpement à long terme. 4 Nicas travaillent avec nous, pas mal, deja!

Voila un petit resumé de notre voyage coté boulot...
Nous reprenons la mer le samedi, une grande fete surprise attend en plus notre responsable le soir pour son anniversaire. Nous reprenons la mer, mais au bout d'une heure, notre capitaine prudent décide de faire demi-tour. Effectivement, la mer est tres agitée derrière la baie, trop, la pirogue fait des splatchs énormes sur l'eau, Vincent s'en souvient... Ah, le ptit gars de la montagne!! Pour un bapteme en mer, c'est un peu rude, confie-t-il a Soizic...
Retour a Punta, donc... du coup nous avons beaucoup (trop?) de temps libre. Temps libre finalement difficile a occuper quand les gens sont si peu expressifs, et que d'un cote il y a la mer agitée, et de l'autre le bush sauvage dans lequel nous ne pouvions aller seuls!
Nous faisons la connaissance de Don Benito et d'Emma, habitant plus loin sur une colline... Pas vraiment de la communauté, beaucoup plus ouverts, nous avons de très intéressants échanges avec eux. Et un endroit dingue. Bien placé, tres agréable, vue imprenable sur deux cotés.
Nous occupons notre temps par des ballades. Vincent fait de la guitare, Soizic dessine, nous jouons aux cartes avec les Ramas, nous faisons un tour a l'ecole... Sans jamais savoir quel jour sera propice pour le depart!



Et puis mardi matin, c'est decide. ON PART, mais très très tot, la mer étant plus calme le matin. Nous nous réveillons donc a 3h, empaquetons toutes les affaires, chargeons la pirogue. Et partons à la lune... Encore un voyage impressionnant. Les reflets de la lune sur les vagues et la pirogue qui glisse dans le calme de la nuit. Seul le moteur ronfle un peu... L'aube, le soleil se lève, et la mer s'agite de plus en plus. Nous sommes trempés, c'est la douche en continu pendant 4 heures!! Finalement nous arrivons a l'entree sud de la baie de Bluefields, une petite entrée dans laquelle s'engouffrent les vagues. Note capitaine est en liesse, il lance son moteur à fond pour chopper la vitesse de la vague, surfe avec elle, jusqu'à la prochaine vague avec laquelle il recommence de plus belle. Seule maniere de passer cet endroit étroit!! Et la, sur la première plage de la baie, nous attendent 2 gars de Punta de Aguila qui ont marché toute la nuit car il n'y avait pas assez de place dans le bateau (trop de bananes!!). On les embarque, et une heure apres, nous arrivons à bon port...
Ouf...
N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaire sur cette aventure, si vous voulez des détails sur des choses que l'on aurait oubliées...
La semaine prochaine nous partons faire une installation a Kakabila... Encore un petit article en perspective!