L'eau est une denrée rare, on le savait avant de partir, on en prend conscience tous les jours un peu plus. La maison dans laquelle nous vivons, qui est largement plus confortable que les maisons de Bluefields est alimentée en eau par un tank et un puit.
Le tank, une espèce de reservoir de 2 ou 3 tonnes d'eau se remplit avec l'eau du toit. Quand il pleut, l'eau dégouline sur la toiture en zinc, dans les goutières et dans un réseau de tuyaux vers le tank. On est donc tributaire des pluies pour la quantité d'eau, et de l'état de propreté du toit, des goutières et de la cuve pour la qualité de l'eau.
Le puit, qui fait une bonne quinzaine de mètres de profondeur n'est pas très propre, l'eau est un peu terreuse. On peut tirer l'eau du puit, au seau, avec corde et poulie.
- En fonctionnement normal, on filtre l'eau du tank pour la boire. le filtre nettoie 1 litre d'eau à l'heure. Et on utilise directement l'eau du tank pour se doucher, tirer les chasses d'eau et se laver les mains.
- En période de secheresse (maintenant), on va chercher de l'eau dans des bidons à un robinet là ou on travaille, et on filtre cette eau pour la boire. On ramene 15 litres d'eau par jour, en voiture heureusement. Et on utilise l'eau du puit, un peu terreuse, pour se doucher et tirer les chasses d'eau. On tire donc moins la chasse d'eau et 1/3 de seau suffit à se "doucher". On utilise fatalement moins d'eau, car c'est un peu lourd un seau dans chaque main pour aller se doucher !!
Et cette semaine, chantier nettoyage de l'approvisionnement en eau de la maison :
1) Nettoyage du tank, dans lequel il y avait des feuilles, moisissures, et autres bestioles un peu louche comme dans alien avec des tentacules bizarres...
2) Nettoyage du puit, avec un loulou qui descend dedans pour vider la terre au fond. folklorique.

Quand on voit la complexité de se procurer de l'eau, et en plus la difficulté pour qu'elle soit propre, on se dit qu'un peu d'attention, c'est pas mal...
Et dire qu'à Nantes, on avait une fuite dans la chasse d'eau et qu'on perdait 10 litres d'eau à l'heure... Promettez nous de faire attention à vos robinets et chasse d'eau !!!
Au programme des journées: travail à l'atelier (travail du bois, du métal) pour faire des meubles, des bricoles diverses, l'objectif étant de pouvoir passer à une production en série des éoliennes. Il faut fabriquer des pales, faire des moules à stator et rotor, réorganiser l'atelier, fabriquer des étagères...
Au boulot, on bosse avec 4 Nicas, 3 Français et un franco américain qui nous sert de manager. Vincent s'éclate à brancher les éoliennes et faire un banc de test, Soizic s'éclate à bricoler du bois et du métal...

Pour l'instant, on apprend comment fonctionne une éolienne. En revenant, on en fabriquera une, d'accord ? on comptera sur nos amis soudeurs, spécialistes en fibre de verre et autre mécaniciens pour nous filer un coup de main. Et puis normallement dans 3 semaines, on va tous en installer une de 1kW, à côté de l'atelier. une comme ça à peu près:

Et la vie de tous les jours ?
Les choses qui ne nous surprennent déjà plus:
- la chaleur
- Les chiens, les coqs, la musique à fond (mais vraiment !) toute la nuit ou presque
- L'eau pas si courante que ça, pour l'instant on en n' a plus car la reserve est vide: La citerne se remplit de l'eau du toit et il n' a pas beaucoup plut ces derniers temps... en plus le tuyau était bouché !
- Les vis et tout ce qui est en métal qui rouille plus vite qu'en france
- Les prisonniers, encadrés de gardes en kalachnikov qui viennent faire le "jardin" à côté de là ou on travaille. les dits prisonniers qui ont des machettes pour couper l'herbe au milieu de l'école. rassurant !
- Les combats de coqs, mais ça on fera un article entier, c'est étonnant !
- La moustiquaire au dessus du lit
- La bière pas trop chère
- Pas de vaisselle ni de linge à laver, on a des femmes de ménage...
- Les racines de Yuka, qui se mangent, la tortue et le requin aussi. Par contre on n'a pas encore gouté !
- La vie qui s'écoule beaucoup plus lentement qu'en Europe, les choses ne vont pas très vite !
Hasta Pronto !!
Vincent & Soizic
Après un dernier petit week end ma foi très sympatique à Paris, décollage lundi 22 à 11h du matin pour Managua via Miami, sans problème, juste une bonne fatigue et 7h de décollage horaire.
1 journée à Managua, capitale du Nicaragua. Capitale étonnante, pas de centre ville, des arbres (cocotiers, bananiers) partout. Des hauteurs, on ne voit que quelques immeubles qui dépassent d'une énorme forêt... Rapide première impression sur les Nicaraguaiens (ont dit les Nicas, ça va plus vite) : des gens plutôt sympa et agréable, serviables. .
Donc la journée a visiter les lieux : le musée de la ville, la cathedrale détruite par le tremblement de terre de 1972, le lac pas très propre, les volcans dans le lointain (toujours actifs), et départ le lendemain pour Bluefields, sur la côte caraïbe.
On a traversé le pays d'ouest en est. Départ 6h du matin en bus... Confortablement installés dans des fauteuils d'avion, la musique crachant dans nos oreilles, des superbes paysages, et des arrêts de bus tous les 300 m pour prendre et déposer des gens... Nous sommes arrivés à Rama vers 15h. Ici, la route s'arrête. Pour atteindre Bluefields, il faut prendre une panga, ces barques à moteur qui vont a toute bringuezingue sur le Rio Escondido digne d'un fleuve de la fôret tropicale! Assez large, peut etre 250m à presque 1 km en certains endroits. Quelques rares baraquements en bois sur pilotis le long des berges. Au milieu du voyage, la panga s'est arrétée pour cueillir un passager dans une petite pirogue, comme dans Tintin. Nous sommes finalement arrivés la nuit tombante à Bluefields, petite ville de pêcheurs de 50 000 habitants ou nous avons rejoint la casa de Blue Energy... (adresse pour nous envoyer des cartes postales : Casa Blue Energy, vuelta de San Pedro, en frente de la casa del Doctor Bacon, Bluefields, RAAS Nicaragua... )
A bientôt pour les photos!
Vincent et Soizic
Au programme de ces 2 semaines à Nantes, loin d'être de tout repos:
- Formalités administratives en tout genre (banques, assurance, papiers, passeport, blog, préparation de la déclaration d'impôts, procuration pour les élections, on en passe !)
- rangement (déménagement, stockage de cartons et meubles chez les uns et les autres...)
- Aux revoirs déchirants, mais point trop n'en faut à tout le monde,
- Préparation des projets (saine lecture sur les réseaux électriques, mini stage avec Bolivia Inti)
- Achat de matériel essentiel, on attend les soldes de mercredi pour filer chez Décathlon)
- Préparation du sac à dos (on va être un peu chargé, tente, duvets, livre, guitare et harmonica, réchaud & gamelle, pharmacie...)
- .... et, rachat du billet d'avion pour se rendre sur place. Finalement, on n'a pas d'autre choix. Ce n'est absolument pas certain que l'on se fasse rembourser les billets Air Madrid déjà pris.
Bon, mais on a nos billets, départ le lundi 22 janvier de Paris à Managua, via Miami... Retour un an après ?
Mot spécial du coloc à terre que l'on quitte : Les amis des amis sont toujours les bienvenus à la maison des sequoias !!!!
voir l'article du nouvel obs
Mais comment vont-ils faire pour rallier L'Amérique ??!??
Bon, mais comme "En Bretagne on n'a pas de pétrole mais on a des idées", on va bien trouver une solution... Quelqu'un nous prendrait en stop?
Soizic, jeune architecte, travaille depuis 2 ans en agence d’architecture à Nantes. Vincent, jeune ingénieur en électronique, travaille quant à lui depuis 5 ans en entreprise. Ils découvrent le monde du travail en France, et tout ce que cela implique.
Cependant, leur travail ne comble pas totalement leurs attentes. Comment ces entreprises peuvent-elles intégrer les problématiques majeurs du 3e millénaire que sont le changement climatique global, l’accès au développement de milliards d’humains et les relations humaines ? Difficile de trouver un compromis tout en restant compétitif…
«Ainsi, dans un objectif à long terme de se reconvertir et de trouver un travail plus en adéquation avec nos valeurs, nous avons décidé de partir pendant un an en voyage.
Un voyage, qui nous emmènerait à la rencontre des gens, des cultures, nous permettant d’échanger, de s’ouvrir…
Nous partons donc une année en Amérique Latine pour découvrir les énergies renouvelables et la construction à travers des projets de développement portés par des associations et des ONG... »
L'itinéraire s’affine tout au long du voyage :
- Départ de Nantes le 20 Janvier 2007 pour le Nicaragua pour travailler avec BlueEnergy, ONG qui installe des petites éoliennes sur la côte caraïbe
- Le 1er mai 2007 départ pour le Salvador, pour suivre une mission d’évaluation d’un projet de construction parasismique en terre
- Le 15 mai, arrivée en Equateur, pour travailler avec le projet Silae, projet d’électrification hydraulique de l’Amazonie,
- Le 1er juillet, Lima, pour travailler avec Estrategia, ONG qui aide les femmes des bidonvilles à monter des entreprises. Notamment dans la construction para sismique. Nous allons travailler sur un projet de ferme éco-pédagogique
- Le 9 août, nous avons rendez-vous à Belém au Brésil, pour une mission d’évaluation des besoins de l’île de Marajo. L’objectif étant, après cette étude, de développer un projet complet avec la population locale.
- Vers le 15 septembre, nous nous rendrons à Copiapo, Chili, pour être « stagiaire de terrain » avec l’équipe locale de Bolivia Inti. Cette association Nantaise installe des cuiseurs solaires dans la cordillère des Andes pour les populations défavorisées.
- Le 31 décembre 2007, peu de temps avant de rentrer, nous devrions aller fêter la nouvelle année à Ushuaia…

Notre itinéraire commence à s'affiner petit à petit...
Atterrissage au Costa Rica le 17 janvier 2007.
Arrivée au Nicaragua fin janvier. (Bolivia Inti)
Fin avril : soit on reste 2 mois de plus, soit on vadrouille en Amérique central pendant 1 mois puis un mois en Equateur, Bolivie... (Silaé, Estratégia)
Fin juin : projet au Pérou avec Marilu? ou Projet au Chili avec Bolivia Inti?
juillet ou Aout : amazonie brésilienne ?!! (Bread of life sur la carte)
septembre à novembre : chili ou Pérou? (Bolivia Inti
décembre : patagonie ?
Pas très clair...
Apres notre passage au Nicaragua, on va aller donner un coup de main au Chili, à Copiapo au sud du desert de l'Atacama
Avec l'équipe locale, après une courte période de formation, on va participer à la formation des populations locales à la fabrication de cuiseurs solaires, l'équipe assurant des stages mais aussi tout le suivi en aval.
L'équipe sur place est toujours en quête d'améliorer les cuiseurs, d'innover, et travaille aussi en cemoment sur le chauffe-eau solaire, avec toujours, les matériaux du bord. Ils ont aussi d'autres programmes annexes auxquels nous pourrons nous joindre, un programme pédagogique par rapport à l'environement par exemple.
Notre expérience du Nicaragua sera également mise à contribution pour évaluer ce que l'on peut faire dans ce coin du Chili.
A priori, le paysage, c'est désert, montagne, et la mer pas loin.
L'ONG s'occupe de développement dans les quartiers défavorisés de la périphérie de Lima. Elle a déjà pas mal oeuvré, notamment autour de la création de micro-entreprises par des femmes. Entreprises dans l'alimentaire mais surtout dans la fabrication de matériaux de construction, afin que les constructions résistent aux séismes...
L'environnement étant très dégradé, le projet que Marilu veut désormais monté est destiné à apprendre aux enfants à mieux vivre dans leur contexte. Pour cela, elle veut monter un projet à but pédagogique : une ferme écologique mettant en avant les animaux, les arbres, les cultures hydroponiques, et la production d'énergie à partir des déjections animales. Niveau constructif, le projet consistera donc à mettre en place une salle de formation et une bibliothèque en matériaux appropriés au contexte climatique, sismique et économique, et fonctionnant avec une petite centrale au biogaz.
De France, nous sommes en train de chercher des subventions, mais c'est loin d'être facile malgrès les dossiers que nous faisons. Et oui, il faut avoir être association, ou être étudiant pour pouvoir trouver des subventions...
Bon, au pire, sur place si le projet n'a pas commencé, nous trouverons bien à nous occuper!