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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 12:04

 

DEAMBULATION DANS LE QUARTIER

 

Le problème de l’eau est toujours là…

 

Vincent et Pascal sont retournés déambuler autour de l’Igarapé Da Vala, une petite rivière qui se jette dans le fleuve au bord duquel s'est construit la ville de Brévès. Cette zone marécageuse dans laquelle s'installent les migrants était notre principale zone d’étude en 2007.

Le quartier a un peu évolué, mais le problème de l’eau est toujours un problème majeur : celle-ci stagne toujours sous les maisons, dans l’Igarapé, les moustiques s’y développent, les habitants y jettent leurs ordures et déchets de toilettes... Odeurs nauséabondes et pollution de l’eau n’empèchent cependant pas les enfants de s’y baigner, ni les mères de l’utiliser pour faire la vaisselle, lessive et autres ablutions. Et les plus pauvres l’utilisent sûrement, faute de moyens, pour la boire après l’avoir “un peu” traitée, nous y reviendrons dans un prochain article.


Pascal et Vincent observent quelques initiatives intéressantes pour remédier au problème : certains habitants nettoient devant chez eux, et tous ont conscience de la nécessité d’assurer l’écoulement de l’eau en période de pluie. Mais certains laissent la végétation envahir les fossés pour en nourrir les cochons, d’autres jettent tout dans l’eau et bouchent les fossés... 

Une chose est sûre : les égouts du centre ville se déversent sous les maisons de ce quartier.

Autre élément encourageant : Pascal et Vincent ont croisé par 2  fois des équipes de nettoyage. Armées de bottes, gants, rateau, machette et brouette, elles arpentent la ville, rue après rue, quartier après quartier, pour nettoyer les caniveaux et fossés. Une initiative intéressante du nouveau maire. Mais la fréquence de passage de ces éboueurs (qui font un métier dangereux !) n’est pas assez importante : en un mois, les fossés sont à nouveau plein de plantes, qui gênent la circulation de l’eau et de ses déchets.

Pour en savoir un peu plus à ce sujet et sur le projet d’égout à Breves, l’équipe à rendez-vous jeudi prochain avec les services municipaux.



 

TRAVAIL AVEC LES FAMILLES SUR L’ECOULEMENT DE L’EAU

 

Former des groupes de travail entre voisins

 

L’idée est en priorité de diminuer la quantité d’eau stagnante dans l'environnement proche des maisons en saison sèche. C'est la saison la plus longue, pendant laquelle les déchets stagnent et les bactéries et pollutions se développent, contrairement à la saison des pluies pendant laquelle les sols sont lessivés et les déchets entraînés dans le fleuve (un problème aussi...!).

 

Ainsi, on pourrait agir sur la pollution, la présence de moustique et la qualité de l’eau tout en sachant qu’on ne reduira pas le problème toute l’année, le niveau d’eau pendant les crues étant très haut. Le quartier de Jardim Tropical a d’ailleurs été évacué 2 mois cette année, car l’eau entrait jusque dans les maisons.

Pascal et Vincent ont finalement reperé une zone de travail potentielle : le début de l’Igarapé da Vala. Les habitants s'y sont montrés ouverts aux échanges et ont conscience des problèmes liés à l’eau. Un terrain propice au travail. C’est donc avec un groupe de 7 familles que Vincent et Pascal provoquent une réunion, pour réfléchir ensemble à leurs initiatives, leurs problématiques et leurs projets liés à l’eau.

 

 

 

Première réunion de travail

Jeudi dernier a eu lieu la première réunion. L’équipe a été surprise par l’implication forte des familles et leur conscience qu’il faut qu’ils se prennent en main, la mairie n’étant pas très présente. De cette réunion très constructive pendant laquelle les habitants ont donné leur point de vue sur les améliorations possibles sont ressorties des idées concrètes. Le problème concerne surtout la stagnation de l’eau, bloquée par des remblais pontons ou par des détritus. Pascal et Vincent imaginaient de créer deux buses pour aider le surplus d’eau à s’écouler (même si il y aura toujours des crues !) mais les habitants ont jugé prioritaire de nettoyer les herbes et détritus.

Il est indispensable de faire des égouts, une grosse canalisation pour faire s’écouler l’eau. Ce qui, hélas, ne rentre pas dans les moyens financiers de notre petite équipe, qui n’a en plus pas vocation à remplacer la mairie dans ses actions. Après reflexion, les habitants arrivent à la conclusion qu’un environnement propre, nettoyé, serait déjà un bon début. Et qu’eux même pourraient travailler à ce nettoyage. Une conclusion qui nous intéresse !

 

Le principal frein soulevé par les familles ? Le manque d’outils pour faire le nettoyage...


 

     

 


Le quartier s'organise

 

 

Les participants à la réunion se sont quittés dans l’idée de réfléchir à tout ce qui avait été dit pour en reparler le dimanche suivant. Nouveau succès dimanche dernier, les participants masculins (qui vont effectuer le travail) étant à peu près tous présents. Une liste d’actions prioritaires et de matériel a été établie, les chantiers devant commencer samedi prochain, 8 heures.

Deux habitants, Francisco et Adonisio sont nommés coordinateurs, tandis que Lourdes propose sa maison pour stocker les outils. Rendez-vous est donné lundi matin pour acheter les outils, avec les coordinateurs qui assureront un bon prix.



Et ce matin, mardi, l'équipe repart avec une brouette, 5 paires de bottes et 10 paires de gants (seguranca primeiro !), pelles, râteaux, houes, machettes… qui sont alors stockés chez Lourdes, dans l’attente de samedi, premier jour de travail !




 

 

 

 

 

DES IDEES POUR GERER LE PROJET PAR LA SUITE


Les micro chantiers sont donc lancés…  Ce mois sur place étant bien court, Pascal, Vincent et Chloé auront sans doute le temps de n’organiser qu’une ou deux séances de nettoyage. Plusieurs questions sont encore en suspend pour la suite :

  • Les habitants vont-ils s’impliquer dans le nettoyage de leur environnement ?
  • Vont-ils gérer le materiel de manière communautaire, continuer à organiser des sessions de nettoyage ensemble, une fois les Français partis ?
  • Comment intéresser les habitants pour le bon travail de remblai réalisé en groupe ?
  • Faut-il professionnaliser l’entretien de quelques zones clefs en salariant les gens qui cherchent du boulot ? Car certains points, comme la buse systématiquement et quotidiennement bouchée par des déchets mériteraient surement un entretien quotidien. Ne va-t-on pas doubler la mairie dont c’est le travail ?
  • Comment réduire les sources de pollutions (toilettes, déchets) : il faut réfléchir à leurs traitement (ramassage, compactage, recyclage, revalorisation...),  à l’installation de toilettes sèches.
  • Comment travailler en parallèle, et de manière complémentaire, avec la mairie qui commence à realiser du nettoyage également ?

 

Un deuxième chantier  de voisins sera peut-être lancé la semaine prochaine. L’équipe a repéré une autre  zone, remblayée, sur laquelle la question des déchets et des odeurs est  prédominante. Une zone potentielle pour réfléchir sur le ramassage des déchets et sur  l’installation de toilettes sèches… 

En attendant, l’équipe réfléchit à la question de l’eau potable, l’idée étant de proposer un système de traitement de l’eau destinée à être bue, de le systématiser, et d’assurer la prévention sur ce thème.

Depuis, Ilana a elle aussi du retourner à Rio (les habitants de Rio sont les Carioca !) pour continuer son travail de médecin. Chloé a donc rejoint Pascal et Vincent dans leur travail avec les familles. L'équipe PVC assure.!!!..P, comme Pascal,V comme Vincent C comme  Chloé.

 

  

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commentaires

Romain Horizon 07/12/2013 22:15


Une societé plein de solidarité. j'aimerais bien y aller. bon courage à tous et bonne continuation. c'est vraiment une savoir faire.merci pour le partage.

JB 23/10/2009 11:36


En rapport avec le problème de l'eau dans le monde, une copine m'a parlé de la Fondation SOGREAH :
http://www.sogreah.fr/le+groupe-fr-5-fondation.html
SOGREAH, entreprise grenobloise dans le domaine de l'eau, propose par le biais de sa fondation un soutien technique et financier à des projets de développement local : des ingénieurs et techniciens
y passent leurs vacances.

Ceci dit, l'apport de solutions doit s'accompagner d'un long travail de formation et d'éducation populaire. C'est sans doute la partie la plus passionnante et la plus importante pour assurer la
pérennité de de ce genre de projet.
Il est toujours plus rapide, mais plus cher et moins efficace sur le long terme, d'apporter nos solutions techniques d'Européens, plutôt que de trouver des solutions avec les locaux.