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Lundi 4 juin 2007

Le contexte

Le projet SILAE est un projet d'électrification de la forêt équatorienne. Les compagnies d'électricité Equatoriennes ne trouvent absolument pas d'intérêt à servir cette zone du pays.

Les villages sont trop petits, les maisons trop dispersées, les gens trop pauvres et donc potentiellement mauvais payeurs, les routes sont en trop mauvais état, donc le transport et la mise en place des lignes électriques est hasardeuse. Le système éducatif est mauvais, donc il n'y a pas beaucoup de gens compétent pour assurer la maintenance, et la distance à couvrir pour relier les villages est parfois gigantesque, ce qui inclue un coup en ligne électrique assez prohibitif.
 
Bref, même si les compagnies ont obtenus la concession de telle ou telle zone, la nécessité de rester compétitif fait qu'ils n'ont aucun intérêt à travailler dans cette région.
 
C'est dans ces cas la que les ONG, associations et autres projets alternatifs peuvent intervenir. En effet, la notion de rentabilité est beaucoup moins importante pour ces organismes, qui n'ont pas de compte à rendre à leurs actionnaires. (Ceci dit ces organismes doivent quand même rester rentable, gérer leur budget pour travailler dans de bonnes conditions, ne pas perdre trop d'argent sur un projet, trouver des subventions…)
 
 
Le projet SILAE, porté par un ingénieur Equatorien, a pour but de pallier les réticences des compagnies électriques dans l'Amazonie équatorienne. Ce qui au passage pose des problèmes de concessions. Ou comment obtenir la concession de la distribution d'électricité à la place d'une compagnie nationale qui ne souhaite pas travailler dans une zone mais qui ne l'avoue pas… quelques problèmes politiques en vue.
 
Le projet SILAE se divise en plusieurs parties :
 
L'avant projet
 
D'abord les équipes de SILAE ont sillonné l'Amazonie équatorienne pour parler du projet. L'objectif de sensibilisation des populations est extrêmement important. On en profite généralement pour récolter des informations dans les différentes régions (sur les populations sans électricité, les associations ou coopératives existantes…)
 
Ensuite, c'est aux populations intéressées de se manifester. Ce n'est pas au projet SILAE d'imposer un projet, une turbine, un panneau solaire dans une communauté, c'est à la communauté de se déclarer motivée pour recevoir le projet. S'en suit la signature d'une déclaration d'intérêt, sur laquelle la communauté s'engage sur le projet : Ce sera à la communauté de mettre en place l'Entreprise Communautaire d'Electrification Rurale (ECER), aidée par le projet SILAE, bien sur. Les gérants et employés de cette future ECER doivent déjà être sélectionnés.
 
On va pouvoir ensuite commencer une étude de terrain beaucoup plus précise, le design du réseau électrique, la formation des employés, et la recherche de subvention.
 
Le démarrage du projet
L'étude de terrain – ou enquête - est essentielle. Elle permettra de déterminer exactement le nombre de clients (familles, écoles, atelier de fabrication, entreprises…), leur future consommation en électricité, leur localisation géographique, leur capacité à payer la facture… Il est indispensable que cette étude soit bien faite, car c'est elle qui déterminera la façon dont on implémentera le projet, et si le projet est viable.
 
En effet, toutes ces informations sont rentrées dans un petit logiciel qui calculera le coût des investissements et du projet, les tarifs de l'électricité pour les clients, le taux de rentabilité de l'entreprise… Je ne rentrerais pas plus en détails dans les problématiques économiques, il y a de bien meilleurs spécialistes !!
 
Le design du réseau électrique, les ingénieurs de SILAE s'en chargent. Dans cette partie de l'Amazonie bien pluvieuse et toujours un peu montagneuse, il y a un bon potentiel hydraulique. La solution technique est donc souvent constituée d'une petite centrale hydraulique (40 kw) reliée à un réseau moyenne tension et des transformateurs reliés à des réseaux basse tension 110V. Il peut y avoir des panneaux solaires pour les communautés vraiment trop isolées, pour lesquelles le réseau moyenne tension ne serait vraiment pas rentable.
 
Il faut aussi former les employés de l'ECER. Ce sont eux qui assureront la continuité du projet dans le temps. Ils assureront la gestion de l'entreprise au jour le jour, la comptabilité, la maintenance des équipements, le recouvrement des factures, la sensibilisation des clients à la fée électricité… (De l'utilité de mettre des lampes basse consommation par exemple…)
 
Les financements
Jusque ici, il « suffit » de travail. Ensuite, pour l'implantation du projet à proprement parler, il faut des financements. En effet, le matériel coûte cher, et la recherche de subventions est une partie assez difficile. Car l'entreprise locale d'électricité ne peut fonctionner que si les investissements en matériels et l'installation du réseau électrique sont déjà réalisés. Les 700.000 dollars d'investissements initiaux sont beaucoup trop importants pour une structure comme celle-ci. Entre les factures payées et impayés, les salaires, la maintenance, l'entreprise sera rentable dans la durée si seulement ces investissements initiaux sont à la charge de…
 
Alors qui a 700.000 dollars pour le projet de Rukullakta ? Je vous préviens, on ne commencera pas tant qu'on n'aura pas réuni la somme… Alors… J'attends. Qui ?
 
L'Ademe, en France, subventionne déjà toute la structure du projet à Quito (bureaux, matériel informatique, salaires, déplacements…) On se tourne vers la banque mondiale, la commission européenne, des fondations diverses… Comme chacun des 20 projets nécessite à peu près cette somme, il y a un travail énorme.
 
La mise en place
Une fois que les financements sont arrivés, on peut commencer la mise en place des centrales hydrauliques, des systèmes de panneaux solaire, le réseau électrique moyenne tension et basse tension, les transformateurs, les systèmes chez les clients… Et voila, on peut brancher la lumière, un réfrigérateur, une télévision (le fléau du millénaire).
 
L'entreprise peut commencer à fonctionner et tout le monde est content…
 
Sauf que à Rukullakta par exemple, il manque beaucoup d'argent pour commencer. Alors les responsables du projet, les organisations de Rukullakta recherchent les subventions pour démarrer…
 
 
Voici un petit résumé d’un projet d’électrification rurale… Evidemment, il y a quelques raccourcis rapides, vous ne nous en voudrez pas ! Et puis désolé, encore un article sans photos !!

par Vince&Soiz publié dans : Equateur
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Commentaires

Encore un bel article sur ce projet... vous voulez tous nous déprimer  ou quoi ? comment ne pas désespérer de la futilité de nos boulots ici ?
Bon, je me dis que ça serait ptet pas mal que vous parliez un peu de tous vos projets aux gens. Y'a une émission sur France Inter le soir, consacrée aux cultures et pays étrangers, qui donne la parole aux expatriés notamment : http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/allolaplanete/pres.php
Je pense que vous y avez complètement votre place. Je me charge de les contacter !

Pour vos petites commandes, je m'en charge, pas de pb.
commentaire n° : 1 posté par : JB le: 05/06/2007 00:48:12
Message à JB qui vient de mettre un commentaire : imagine que la totalité des gens qui ont envie de se bouger, vont se bouger à l'autre bout de la planète. En France, là c'est sûr que l'on peut directement se coucher et mourir. Toutes les petites choses que l'on peut faire mises bout à bout et multipliées par tous ceux qui veulent bouger, ça peut faire beaucoup. Je te dis pas ça pour que tu ne desespères pas mais parce que je le pense.
Il y a un nouveau jardin potager à la Mouchais, ça c'est dans la série "le maintien des savoirs traditionnels" et ne pas acheter des légumes qui ont utilisé des tonnes de pétrole pour se faire transporter depuis l'autre bout de l'Europe.
La bise
Mimiche (maman de Vincent)
commentaire n° : 2 posté par : mimiche le: 05/06/2007 23:43:33

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