L'açai...
L'açaï est une petite graine de la forêt amazonienne, de couleur violet-noire.Sa petite pellicule superficielle est Lavée puis broyée et dégustée accompagnée de farine de manioc. C'est la base du régime alimentaire de nombreuses familles de Brévès. C'est un vrai délice pour les petits qui font de jolis sourires bien violets en se goinfrant de ce jus sucré au gout de mûre sauvage. Le proverbe dit que celui qui en mange reviendra en Amazonie... (Nous en avons mangé... !) Le gros noyau, non comestible, est ensuite utilisé pour remblayer les terrains ou faire de l'huile.
Or,l'açaï est de plus en plus exporté. La demande grimpant, les prix ont déjà doublés en moins de 5 ans. Les premiers touchés sont évidemment les plus pauvres, qui voient leur pouvoir d'achat diminuer. Josefa, qui gagne 5 reals par jours (2€) a de plus en plus de mal à nourrir ses 6 enfants. La montée des prix de cet aliment vital est catastrophique pour elle et ses enfants qui, comme beaucoup d'autres, ont faim tous les jours.
Le bois...
Le commerce de bois exotique se développe beaucoup en Amazonie. Sans parler des conséquences écologiques du déboisement incontrôlé (et incontrôlable?) de la forêt, l'extraction de l'or vert a d'autres effets secondaires.
Les entreprises de bois embauchent de nombreux hommes de la région. Ceux ci ont souvent abandonné ou vendu leur ancien terrain agricole pour venir travailler à Brévès. La région de Brévès importe la majorité de la nourriture de Belem. Vue la distance (une nuit de bateau), les prix de tous les produits de base sont assez élevés. Et comme aucun habitant ne peut reprendre d'activité agricole, la situation de dépendance de la ville ne risque pas de s'inverser... Ce ne serait sans doute pas trop grave si les emplois et le pouvoir d'achat étaient stables.
Hélas à Brévès, l'emploi est très précaire, le droit de grève théorique, le chomage élevé, et surtout, on estime que les ressources exploitables en bois seront épuisées dans une quinzaine d'année. Les 5000 emplois disparaitront-ils ? Les entreprises de bois auront-elles replanté pour assurer une exploitation durable de la forêt ? Les acheteurs auront-il pris conscience des conséquences de l'extraction du bois et seront-il prets à payer le prix réel ?
Les crevettes...
De gros bateaux pèchent la crevette dans la région pour la vendre à l'international. Pèchent? Plutôt ramassent! la technique est simple : un filet de plusieurs kilomètres, trainé par 2 bateaux, râcle le fond de l'eau pour attraper des crevettes. Nombres d'espèces marines, poissons, dauphins, tortues et autres, sont également pris dans les filets et rejetés, sans vie, dans le fleuve. Les pecheurs locaux, qui vivent simplement au jour le jour du poisson ou de la crevette voient leur revenus diminuer, car les ressources ne sont pas illimitées...
Jusqu'à quand y aura-t-il assez de poissons pour que les locaux puissent vivre, alors que les crevettes pechées en masse sont destinées à l'exportation ?
Hélas un boycot de ces produits n'est même pas une solution viable !! Si la ville de Brévès ne vend plus de bois, tous les habitants se retrouvent au chomage et la ville dans une situation bien pire qu'aujourd'hui ! Les pecheurs qui travaillent sur les crevettiers, idem !!
Et si on parlait de commerce équitable ?
Le commerce équitable permet de distribuer plus efficacement les revenus... On paye plus cher en France, et cet argent va théoriquement aux producteurs. On trouve déjà en France du café, cacao, quelques produits d'artisanat, parfois du sucre et de la canelle...
Tous les responsables de communautés que nous avons croisés, au Nicaragua, Equateur, Pérou, voudraient pouvoir vendre leur produit sans passer par un intermédiaire.
Un débat ??
Aujourd'hui en France, il parait très difficile de faire attention à tous ses achats. Nous faisons appels à tous nos lecteurs... Avez vous des idées, des réactions, des propositions, des commentaires ?
- Tout acheter en commerce équitable, c'est diminuer grandement son pouvoir d'achat ?
- Comment faire pour développer plus le commerce equitable, à l'heure ou l'internet permettrait de mettre en contact producteur et consommateur ?
- Où en est le commerce équitable aujourd'hui ? Marché en développement, bientôt saturé, ou marché à la mode ? Quelles sont ses limites ?
- Comment est labelisé le commerce équitable ? Qui garantit la filière ?
- Et acheter local, en France, quid des AMAPs (Association de Maintien de l'Agriculture Paysanne) ?
Avez vous vu cet excellent film "Le cauchemard de Darwin" ?...C'est la même problèmatique en Afrique à propos de la perche du Nil...
On attend vos commentaires !!!