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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 19:51

L'açai...

L'açaï est une petite graine de la forêt amazonienne, de couleur violet-noire.Sa petite pellicule superficielle est Lavée puis broyée et dégustée accompagnée de farine de manioc. C'est la base du régime alimentaire de nombreuses familles de Brévès. C'est un vrai délice pour les petits qui font de jolis sourires bien violets en se goinfrant de ce jus sucré au gout de mûre sauvage. Le proverbe dit que celui qui en mange reviendra en Amazonie... (Nous en avons mangé... !) Le gros noyau, non comestible, est ensuite utilisé pour remblayer les terrains ou faire de l'huile.

Or,l'açaï est de plus en plus exporté. La demande grimpant, les prix ont déjà doublés en moins de 5 ans. Les premiers touchés sont évidemment les plus pauvres, qui voient leur pouvoir d'achat diminuer. Josefa, qui gagne 5 reals par jours (2€) a de plus en plus de mal à nourrir ses 6 enfants. La montée des prix de cet aliment vital est catastrophique pour elle et ses enfants qui, comme beaucoup d'autres, ont faim tous les jours.


Le bois...

Le commerce de bois exotique se développe beaucoup en Amazonie. Sans parler des conséquences écologiques du déboisement incontrôlé (et incontrôlable?) de la forêt, l'extraction de l'or vert a d'autres effets secondaires.

Les entreprises de bois embauchent de nombreux hommes de la région. Ceux ci ont souvent abandonné ou vendu leur ancien terrain agricole pour venir travailler à Brévès. La région de Brévès importe la majorité de la nourriture de Belem. Vue la distance (une nuit de bateau), les prix de tous les produits de base sont assez élevés. Et comme aucun habitant ne peut reprendre d'activité agricole, la situation de dépendance de la ville ne risque pas de s'inverser... Ce ne serait sans doute pas trop grave si les emplois et le pouvoir d'achat étaient stables.

Hélas à Brévès, l'emploi est très précaire, le droit de grève théorique, le chomage élevé, et surtout, on estime que les ressources exploitables en bois seront épuisées dans une quinzaine d'année. Les 5000 emplois disparaitront-ils ? Les entreprises de bois auront-elles replanté pour assurer une exploitation durable de la forêt ? Les acheteurs auront-il pris conscience des conséquences de l'extraction du bois et seront-il prets à payer le prix réel ?


Les crevettes...

De gros bateaux pèchent la crevette dans la région pour la vendre à l'international. Pèchent? Plutôt ramassent! la technique est simple : un filet de plusieurs kilomètres, trainé par 2 bateaux, râcle le fond de l'eau pour attraper des crevettes. Nombres d'espèces marines, poissons, dauphins, tortues et autres, sont également pris dans les filets et rejetés, sans vie, dans le fleuve. Les pecheurs locaux, qui vivent simplement au jour le jour du poisson ou de la crevette voient leur revenus diminuer, car les ressources ne sont pas illimitées...
Jusqu'à quand y aura-t-il assez de poissons pour que les locaux puissent vivre, alors que les crevettes pechées en masse sont destinées à l'exportation ?


Hélas un boycot de ces produits n'est même pas une solution viable !! Si la ville de Brévès ne vend plus de bois, tous les habitants se retrouvent au chomage et la ville dans une situation bien pire qu'aujourd'hui ! Les pecheurs qui travaillent sur les crevettiers, idem !!

 


Et si on parlait de commerce équitable ?

Le commerce équitable permet de distribuer plus efficacement les revenus... On paye plus cher en France, et cet argent va théoriquement aux producteurs. On trouve déjà en France du café, cacao, quelques produits d'artisanat, parfois du sucre et de la canelle...


Tous les responsables de communautés que nous avons croisés, au Nicaragua, Equateur, Pérou, voudraient pouvoir vendre leur produit sans passer par un intermédiaire.

 

Un débat ??

Aujourd'hui en France, il parait très difficile de faire attention à tous ses achats. Nous faisons appels à tous nos lecteurs... Avez vous des idées, des réactions, des propositions, des commentaires ?

 - Tout acheter en commerce équitable, c'est diminuer grandement son pouvoir d'achat ?
 - Comment faire pour développer plus le commerce equitable, à l'heure ou l'internet permettrait de mettre en contact producteur et consommateur ?
 - Où en est le commerce équitable aujourd'hui ? Marché en développement, bientôt saturé, ou marché à la mode ? Quelles sont ses limites ?
 - Comment est labelisé le commerce équitable ? Qui garantit la filière ?
 - Et acheter local, en France, quid des AMAPs (Association de Maintien de l'Agriculture Paysanne) ?


Avez vous vu cet excellent film "Le cauchemard de Darwin" ?...C'est la même problèmatique en Afrique à propos de la perche du Nil...

 

On attend vos commentaires !!!

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Published by Vince&Soiz - dans Brésil
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commentaires

juju 28/10/2007 21:03

Un petit coucou de Bluefields!Tout d\\\'abord, comme c\\\'est la première fois que je poste sur votre blog, merci de partager toutes vos belles expériences avec nous!Concernant le commerce équitable, un article récent de Christian Jacquau dans le monde diplo en dénonce les ambigüités. De nombreux labels existent et ils ne tombent sans doute pas tous dans les travers tentants dans lesquels ont pu sombrés les plus connus. Mais le commerce équitable comme mode de consommation alternatif doit être pratiqué avec prudence.D\\\'abord, comme le souligne jb, les produits du commerce équitable posent les mêmes problèmes environnementaux que n\\\'importe quel autre produit transporté de continent en continent...Mais surtout, d\\\'abord inspiré par l\\\'humanisme de mouvements chrétiens, puis comme forme de commerce alternative au commerce capitaliste il semble devenir de plus en plus un argument marketting pour les entreprises les plus douteuses du même système capitaliste. De la grande distribution aux grandes marques alimentaires, plus personne ne se prive de développer ces lignes de produits issus du commerce équitable (Mac Donalds, carrefour, nestlé)... Peut-on prétendre vouloir lutter contre les pratiques de ces entreprises et accepter d\\\'acheter leur bonne conscience vendue outrageusement sur les rayons des hypermarchés?Ensuite, le commerce équitable se place sous le respect de normes strictes bien définies, ce qui impose un contrôle coûteux (visite de contrôleur chez tous les producteurs), dont on peut douter qu\\\'il soit systématiquement et régulièrement mis en oeuvre...Il faut aussi balancer les résultats du commerce équitable et les progrès qu\\\'il a permis afin de s\\\'assurer des bénéfices pour les producteurs qu\\\'il est sensé aider: "Vingt ans après la création de Max Havelaar, le constat de Van der Hoff [cofondateur de Max Havelaar en 1988] est amer : « Sur le plan économique, nous nous portons un peu mieux qu’en 1988. Mais notre situation reste très précaire. Nos producteurs de café [équitable] gagnent en moyenne 2,18 euros par jour – moins que le minimum légal de 3,28 euros au Mexique », lui-même déjà très bas." [Le Monde Diplomatique, sept 2007]Pour une analyse un peu plus poussée je vous invite à lire l\\\'article:http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/JACQUIAU/15101A mon avis, le principal instrument de la mondialisation (et en même temps le pire désastre enviornnemental) est le transport incontrôlé et illimité d\\\'hommes et de marchandises pour fins de toutes sortes de commerce à travers le monde. Alors, la meilleure solution semble de renoncer à consommer tout et n\\\'importe quoi provenant du bout du monde en toute saison et de commencer à consommer des produits locaux et de saisons, ne plus mettre les pieds dans les super marchés, les fast food, abandonner les sacs en plastique et autres emballages jetables, qui, recylcés en Europe et aux Etats Unis, ornent, les rues de tant de vilels d\\\'Amérique Latine, d\\\'Afrique et d\\\'Asie où aucun service de gestion des déchets n\\\'existe. Mais je m\\\'égare...Pour les porducteurs des pays du Sud, eh bien, il semble difficile d\\\'entrevoir une solution, mais je la verrai plutôt au niveau des négociations internationales et de l\\\'établissement de règles du jeu plus équitables dès la source...On en est loin. Après un référendum qui a eu lieu le 7 octobre au Costa Rica, le pays est le dernier pays d\\\'Amérique Centrale a avoir ratifié le Traité de Libre Echange avec les Etats Unis. Ce qui ne laisse pas présagé de meilleurs jours aux campesinos de ce bout de terre déjà dévasté par les abus passés des débuts de la mondialisation ("découverte", exploitation minière des monarchies sud-européennes, refuges de la piraterie, républiques bananières, invasions diverses, ingérance de la part des Etats Unis pour la mise en place de gouvernements favorable à l\\\'imposition la plus totale et sans scrupule de leur domination...)Bon encore une fois je m\\\'égare... Et je vais m\\\'arrêter là...bisous les cocos

Cyril 08/10/2007 21:09

Les subventions européennes et américaines pour l'agriculture faussent certes le jeu de la libre concurrence mais restent vitales pour nos agriculteurs. Ils ne pourraient en aucun cas lutter contre l'agriculture des pays émergents, même en jouant la carte de la qualité... les écarts de prix à la production sont bien trop importants... Le développement des exportations qui créent tant de misères (comme soizic & vince nous le rapportent) juste pour subvenir aux besoins occidentaux est, je pense, ce qu'il y a de plus révoltant. Peut-être que cette idée est un peu utopique ou irréalisable de par les enjeux géopolitiques mondiaux, mais ces pays en développement ne peuvent-ils pas fermer un peu leurs frontières, ou tout du moins mieux encadrer leurs exportations? On le sait, les pays riches dictent les règles... mais ne sont-ils pas prêt à négocier avec des représentants de producteurs? les instances mondiales ne peuvent-elles pas imposer ce dialogue? un espèce de nouveau métier, une personne LOCALE qui ferait l'intermédiaire entre les producteurs et les importateurs, une personne qui gérerait un groupe d'agriculteurs assez important pour ne pas être dépendant d'un seul importateur, une personne qui est en position de force pour discuter des prix et des conditions de travail... (en supposant biensûr qu'un espèce de conseil d'administration formé par qq agriculteurs nomme ce représentant... pas de mégalomanie possible et intérêt de tous en vue!) Il me semble en effet peu évident que la solution vienne de la sensibilisation des consommateurs des pays riches... Sauf si les produits labélisés "équitables" rentrent en concurrence direct avec les produits que l'on consomme tous les jours. Et cela passe par la variable prix... et donc là effectivement internet pourrait jouer un rôle assez important en "sautant" quelques intermédiaires... à méditer! voilà voilà, en gros je pense que les pays émergents doivent "remonter" le circuit de la vente, en essayant d'être maître de leurs produit jusqu'à leurs frontières! facile à dire ... !! gros bisosu à tous les deux!!! ça m'a vraiment fait plaisir de t'entendre tout à l'heure soiz !

soizic 22/09/2007 20:22

Meci JB pour ton commentaire!
J'aurais bien aimé l'avis de Clotilde et celui de mon frère Cyril...
Ce blog se veut interactif, plus vous mettez des commentaires, plus ca nous encourage a ecrire...
Au fait, nous avons acheté nos billets retour... nous serons a Paris le 10 janvier 2009 ! Ca nous laisse encore un peu de temps, mais qu est ce que ca file vite! 
Ciao a bientot!
Soizic

JB 12/09/2007 23:42

Le commerce équitable passe forcément avant tout par le secteur primaire (agricole), base d\\\'une société en voie de développement. Et ça commence, me semble-t-il, par une réflexion sur les subventions européennes et étatsuniennes accordées à l\\\'agriculture extensive, rendant les  produits issus des agricultures du sud moins compétitifs : la concurrence libre et non faussée, un principe qui s\\\'appliquerait aux autres, mais pas à nous mêmes ???Le vrai commerce équitable consiste sans doute avant tout à développer une agriculture paysanne dont les produits sont consommés localement (fruits et légumes de la région... et de saison !). Car le commerce équitable "à la Max Havelaar" a des effets pervers bien connus : les agriculteurs de Colombie, par exemple, produisent du café en coopératives pour les occidentaux et sont justement rémunérés pour cela (dans le cas d\\\'un accord de commerce équitable) . Bien, ça devient rentable pour eux de produire du café, ils s\\\'y mettent donc tous, au détriment de la diversité agricole. Ils perdent ainsi tout un savoir-faire de cultures mixtes pour passer à une monoculture s\\\'approchant des cultures extensives occidentales. La production agricole ne sert donc plus à nourrir les populations locales, qui sont obligées d\\\'acheter des produits venant d\\\'ailleurs (transport=émissions de CO2 + coût...). Et si d\\\'aventure la consommation de café diminuait chez les occidentaux, impossible de faire marche arrière : le savoir-faire est perdu, les paysans ne savent plus cultiver que du café.Ce raisonnement peut paraître simpliste, mais il n\\\'est sans doute pas loin de la réalité de certains accords de commerce "équitable"... Heureusement, certains labels se soucient un peu plus de l\\\'équilibre social et économique des régions de production. Bref, pas facile de mettre en place une vraie filière équitable !