Dans l’île de Marajó, les villes connaissent une croissance démographique importante et
rapide. Dans la ville de Breves, plus de 10.000 personnes sont arrivées entre 2003 et 2007,
quittant l’intérieur de l’île pour trouver un emploi en ville. Ces nouveaux habitants se sont
installés en périphérie, formant des quartiers illégaux et précaires. Le quartier de Santa Cruz, à
Breves, s’est développé de cette manière, dans une zone marécageuse et inondable.
1ère phase
Une mission d’évaluation, financée sur fonds propres, en août 2007, a permis à une équipe
(constituée de personnes formées en architecture, urbanisme, ingéniérie ) d’identifier la
nécessité pressante d’un assainissement de cette zone par un drainage et un système
d’évacuation des eaux usées. En effet, les détritus et les déjections se mèlent aux eaux
stagnant sous les maisons sur pilotis, nuisant évidemment à la santé de la population.
Plusieurs facteurs contribuent à la situation : le quartier est situé dans une zone basse de la
ville et reçoit parfois les eaux usées des zones supérieures ; la marée montante s’infiltre dans
la ville laissant en se retirant de nombreux détritus ; la saison des pluies aggrave la situation.
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| Eau stagnante, sous une maison |
Marée montante laissant les détritus |
En collaboration avec les partenaires locaux qui se sont montrés très réceptifs, nous avons
défini les objectifs suivants :
- remblayage des zones d’habitation
- mise en place d’un système d’évacuation des eaux usées
- rénovation des pontons
- assèchement par le creusement ou la rénovation de canaux de drainage
- construction d’un barrage pour stopper la remontée des eaux à marée montante
- sensibilisation des foyers aux risques liés à l’eau.
Pour réaliser ces objectifs, il est essentiel d’adopter des techniques adaptées des pratiques
préexistantes localement. En effet, la population et la ville ont réalisé ponctuellement dans les
quartiers quelques travaux comme des pontons, des canaux, du remblayage. Le manque de
systématisation et d’entretien, ajouté à l’absence d’un barrage pour arrêter la marée montante,
n’a pas permis pour l’instant d’arriver à une effacité suffisante. Rationnaliser, perfectionner et
systématiser ces techniques permettra d’obtenir une solution accessible à la communauté et,
pour cette raison, viable sur le long terme.
Par exemple, des remblais en pente seront réalisés sous les maisons et draînés par des rigoles
périphériques renforcées par des bordures en bois donnant sur les canaux collectifs. Le réseau
ainsi constitué, grâce à des techniques simples et de coût réduit, permettra l’évacuation des
eaux stagnantes.
Les partenariats locaux sont indispensables pour le succès d’un tel projet. Durant la mission
d’évaluation, l’équipe a déjà eu contact avec les partenaires suivants :
- La mairie a donné son accord pour le projet. Un ingénieur de la ville a validé nos
propositions, notamment pour la construction du barrage. La ville fournira et transportera
une partie des matières premières (terre, sable) et participera à l’évacuation des déchets.
Si nécessaire, elle sera aussi en mesure de fournir la main d’oeuvre qualifiée pour les
travaux les plus techniques.
- Les agents du poste de santé le plus proche ont été contactés. Ils disposent déjà de
l’organisation nécessaire pour visiter les maisons et conduire des actions de prévention,
jouant le rôle d’intermédiaires entre le projet et les habitants. Des fiches pédagogiques
seront réalisées dès le début de la seconde phase.
- Certaines entreprises fournissent déjà de la sciure pour les remblais à la population. Il
serait possible d’obtenir aussi le transport de ce matériel en leur achetant le bois
nécessaire pour les travaux. La plus grande de ces entreprises a déjà été contactée.
- Les communautés de base de l’Eglise catholique ont accepté d’aider à la diffusion de
l’information.
2ème phase
En mars 2008, le projet pilote, avec quatre personnes sur une durée d’un mois et demi verra
la mobilisation d’un nombre limité de famille autour de ces objectifs. Cette deuxième phase
permettra d’établir définitivement les partenariats et d’améliorer la méthode appliquée. Les
premiers travaux seront réalisés dans les maisons des familles ayant les plus grands besoins.
Avec l’aide d’un ou deux ouvriers et des familles elles-mêmes, les travaux nécessaires seront
réalisés. En participant aux travaux, les familles acquerront la maîtrise des techniques
perfectionnées de construction et d’entretien.
Nous insistons sur l’appropriation du projet par la population. La mobilisation de la
communauté sera en effet indispensable à la réalisation des travaux, au succès de la
sensibilisation aux questions de santé et, surtout, à la pérennité du projet.
Budget prévu du projet pilote : 13 000 Euros
3ème phase
Après la réalisation de cette deuxième phase, deux coordinateurs seront chargés, durant 18 mois, de la réalisation, du suivi des travaux et de l’évaluation finale.
Budget prévu : 69 500 Euros
En fin de projet, une évaluation détaillée du projet sera essentielle pour étendre l’expérience à
d’autres quartiers ou villes nécessitant une intervention similaire. Pour cela, l’équipe réalisera
un document détaillé et accessible comprenant les techniques et la méthodologie générale. Ce
document est un objectif en soi de ce projet. Il comportera les fiches pratiques permettant la
réalisation des différentes interventions techniques et de prévention sur les questions de santé.
Le projet suit donc son cours... Nous y restons tres attaché et espérons qu'il prendra forme!! Si vous souhaitez aider le projet financièrement, vous trouverez ci dessous les coordonnées bancaires.
Actuellement nous préparons un petit documentaire sur l'année passée...
A bientot!
Vincent et Soizic
Coordonnées Projet Marajo.
9 Place Verte 59300.Valenciennes.France
projet_marajo@yahoo.fr
Tel : 0603796250
Si vous souhaitez collaborer à ce projet merci d’envoyer à l’adresse ci-dessus un chèque
libellé à l’ordre de :
AFICPV Fondation en écrivant « Amazonie» au dos du chèque.
Pour faire un virement en France
Identification nationale (France) de compte bancaire –RIB
30002 06859 0000071678V 11
domiciliation LCL Verneuil sur Avre
Pour faire un virement de l'étranger:
Identification internationale de compte bancaire -IBAN
FR20 3000 2068 5900 0007 1678 V11
identifiant international banque. BIC.
CRLYFRPP
Invasion qui date d’une dizaine d’années, le quartier de Santa Cruz est structuré par des voies principales et ne comporte que deux traverses importantes éloignées l’une de l'autre de 400m. Entre elles se situe la zone de l’igarapé, une zone marécageuse qui rend la circulation difficile. C’est dans cette zone peu attractive qu’il y a deux ans se sont installées des familles tres pauvres, bricolant un entrelas de pontons et de remblais desservant des cabanes en bois sur pilotis et installant des branchements pirates pour accéder à l'eau et à l'electricité.








L'açai...
L'açaï est une petite graine de la forêt amazonienne, de couleur violet-noire.Sa petite pellicule superficielle est Lavée puis broyée et dégustée accompagnée de farine de manioc. C'est la base du régime alimentaire de nombreuses familles de Brévès. C'est un vrai délice pour les petits qui font de jolis sourires bien violets en se goinfrant de ce jus sucré au gout de mûre sauvage. Le proverbe dit que celui qui en mange reviendra en Amazonie... (Nous en avons mangé... !) Le gros noyau, non comestible, est ensuite utilisé pour remblayer les terrains ou faire de l'huile.
Or,l'açaï est de plus en plus exporté. La demande grimpant, les prix ont déjà doublés en moins de 5 ans. Les premiers touchés sont évidemment les plus pauvres, qui voient leur pouvoir d'achat diminuer. Josefa, qui gagne 5 reals par jours (2€) a de plus en plus de mal à nourrir ses 6 enfants. La montée des prix de cet aliment vital est catastrophique pour elle et ses enfants qui, comme beaucoup d'autres, ont faim tous les jours.
Le bois...
Le commerce de bois exotique se développe beaucoup en Amazonie. Sans parler des conséquences écologiques du déboisement incontrôlé (et incontrôlable?) de la forêt, l'extraction de l'or vert a d'autres effets secondaires.
Les entreprises de bois embauchent de nombreux hommes de la région. Ceux ci ont souvent abandonné ou vendu leur ancien terrain agricole pour venir travailler à Brévès. La région de Brévès importe la majorité de la nourriture de Belem. Vue la distance (une nuit de bateau), les prix de tous les produits de base sont assez élevés. Et comme aucun habitant ne peut reprendre d'activité agricole, la situation de dépendance de la ville ne risque pas de s'inverser... Ce ne serait sans doute pas trop grave si les emplois et le pouvoir d'achat étaient stables.
Hélas à Brévès, l'emploi est très précaire, le droit de grève théorique, le chomage élevé, et surtout, on estime que les ressources exploitables en bois seront épuisées dans une quinzaine d'année. Les 5000 emplois disparaitront-ils ? Les entreprises de bois auront-elles replanté pour assurer une exploitation durable de la forêt ? Les acheteurs auront-il pris conscience des conséquences de l'extraction du bois et seront-il prets à payer le prix réel ?
Les crevettes...
De gros bateaux pèchent la crevette dans la région pour la vendre à l'international. Pèchent? Plutôt ramassent! la technique est simple : un filet de plusieurs kilomètres, trainé par 2 bateaux, râcle le fond de l'eau pour attraper des crevettes. Nombres d'espèces marines, poissons, dauphins, tortues et autres, sont également pris dans les filets et rejetés, sans vie, dans le fleuve. Les pecheurs locaux, qui vivent simplement au jour le jour du poisson ou de la crevette voient leur revenus diminuer, car les ressources ne sont pas illimitées...
Jusqu'à quand y aura-t-il assez de poissons pour que les locaux puissent vivre, alors que les crevettes pechées en masse sont destinées à l'exportation ?
Hélas un boycot de ces produits n'est même pas une solution viable !! Si la ville de Brévès ne vend plus de bois, tous les habitants se retrouvent au chomage et la ville dans une situation bien pire qu'aujourd'hui ! Les pecheurs qui travaillent sur les crevettiers, idem !!
Et si on parlait de commerce équitable ?
Le commerce équitable permet de distribuer plus efficacement les revenus... On paye plus cher en France, et cet argent va théoriquement aux producteurs. On trouve déjà en France du café, cacao, quelques produits d'artisanat, parfois du sucre et de la canelle...
Tous les responsables de communautés que nous avons croisés, au Nicaragua, Equateur, Pérou, voudraient pouvoir vendre leur produit sans passer par un intermédiaire.
Un débat ??
Aujourd'hui en France, il parait très difficile de faire attention à tous ses achats. Nous faisons appels à tous nos lecteurs... Avez vous des idées, des réactions, des propositions, des commentaires ?
- Tout acheter en commerce équitable, c'est diminuer grandement son pouvoir d'achat ?
- Comment faire pour développer plus le commerce equitable, à l'heure ou l'internet permettrait de mettre en contact producteur et consommateur ?
- Où en est le commerce équitable aujourd'hui ? Marché en développement, bientôt saturé, ou marché à la mode ? Quelles sont ses limites ?
- Comment est labelisé le commerce équitable ? Qui garantit la filière ?
- Et acheter local, en France, quid des AMAPs (Association de Maintien de l'Agriculture Paysanne) ?
Avez vous vu cet excellent film "Le cauchemard de Darwin" ?...C'est la même problèmatique en Afrique à propos de la perche du Nil...
On attend vos commentaires !!!
Après cette courte étape au Chili nous voila plongés dans un univers insulaire, au milieu dune population bien sympathique, joviale, vivant au jour le jour avec ses soleils et ses difficultés...
L’équipe !!
Nous sommes 7 :
Pascal, notre ‘mayor’ : à l’initiative du projet, il est déjà venu deux fois a Marajó. Cela fait déjà 30 ans qu'il lance et suit des projets de développement en faveur des plus pauvres. Une communauté musulmane de lépreux au Niger, des français dont les services sociaux ne veulent plus… Les destinataires de ces projets sont de tous horizons! On ne se lasse pas d’écouter les anecdotes cocasses, belles ou sordides de ses précédentes aventures…
Jude, un de ses fils, étudiant en architecture : il a déjà bien bourrelingué avec sa famille à tous les coins du globe… Une vie assez originale…
Anaïs, urbaniste : vous la connaissez déjà, pour beaucoup, cette petite rousse toute mignonne qui vous à tous fait craquer un jour ou l'autre, c'est elle qui nous a embarqué dans l'aventure!
Isabelle, travaille a l'UNESCO : franco brésilienne... Ouf! Il y en a au moins une qui parle portugais! Isabelle se penche plus sur les aspects sociaux et associatifs…
Sandra nous a rejoins après avoir fait une escale involontaire a Cayenne et squatté chez tous les gens qu'elle a pu rencontrer en chemin… Soizic a connu Sandra a Montpellier, elle est juriste et va se pencher sur la question des droits de l'homme et sur la structure que nous allons choisir de monter.
Maria et Miriam n’ont pas pu venir mais restent complètement intégrées dans le projet, étant l'une et l'autre très attachées au Brésil et plus particulièrement à ces populations du nordeste. Maria est brésilienne, médecin a Rio. Miriam est maroco-allemande, Elle et Soizic se sont rencontrées à Bremen. Elle a vécu un an et demi au Brésil quand elle était étudiante et en a fait le sujet de son diplôme : comment produire des richesses qui profitent directement aux communautés indigènes, a travers un projet d'éco-tourisme notamment. Leurs responsabilités respectives dans leur travail ne leur ont pas permis de nous accompagner cette fois ci…
Le projet
Pascal a souhaité monter ce projet au Brésil selon une approche pluridisciplinaire et sans couleur ni politique ni religieuse, afin d'une part que le projet soit destiné à tous, et d'autre part pouvoir choisir la forme sous laquelle le projet fonctionnera le mieux : une association? Une ONG? Une entreprise éthiquement correcte? Un partenariat avec des institutions locales : la préfecture, les institutions religieuses?
Tandis que Sandra, Isabelle et Pascal analysent plus en détail les projets existants à Brévès, permettant de comprendre quel type de projets fonctionne, Jude et Soizic se penchent plus en détail sur les questions de construction, et toute l'équipe explore les lieux et tente d'en tirer une problématique fondamentale...
Le tableau
Brévès est une petite ville de 90 000 habitants, située à 400 km de
Belem. Située à l'embouchure de l'amazone, la ville est marquée par deux saisons, l'une plus pluvieuse que l'autre, la végétation est donc luxuriante, les paysages magnifiques, les orages de fin
de journée somptueux…
En général, les services publics brésiliens sont très organisés, les professionnels hyper compétents, l’administration très lourde mais très rigoureuse. Une seule ombre au tableau, et pas des moindres: la corruption. Comme à de nombreux endroits, Marajo serait un petit paradis si l'économie locale, tournée vers le bois d'exportation, profitait réellement à la population, et si les détournements d'argent n'empêchaient pas les projets d'aboutir… Les conséquences sont rudes : le manque d’infrastructures à l’intérieur de l'île conduit tous les habitants à migrer vers la ville de Brévès. La ville croit énormément et a du mal à faire face à ces invasions. Son préfet ici n'a pas bonne réputation. Il est le décideur, et la ville est soumise à ses caprices.
Nous avons donc commencé par explorer toutes ces zones "d'invasãon" (en portugais dans le texte). Notre démarche consiste dans un premier temps à se faire petite souris dans un lieu, à rencontrer les gens les plus humbles.
Nous arpentons donc les quartiers, rentrant plus en profondeur dans certains d'entre eux, accompagnés de deux jeunes qui ont grandi ici… Les populations se sont installées en bordure de la petite ville, dans des zones bien marécageuses. Petite cabanes de bois sur pilotis... Un entrelas de pontons plus ou moins défectueux dessert chacune d'entre elles. Peu a peu, les habitants remblaient avec les copeaux et la sciure récupérés dans les énormes scieries exportant les bois tropicaux les meilleurs au monde. La saison des pluies apporte son lot de pluies diluviennes dans ces marécages, et la marée, quotidiennement, inonde encore plus la zone. Les zones remblayées restent donc spongieuses et certaines d'entre elles difficilement praticables à certains moments. On assiste chaque jour à quelques dégringolades sur les pontons cassés…
Peu à peu, nous rencontrons des familles, rentrons dans leurs maisons, un dialogue s'instaure, maladroit mais sympathique et direct vu notre niveau de portugais…. Ces gens n'ont bien souvent que de maigres revenus, glanés par un petit travail par-ci par la. Difficile de trouver de quoi se nourrir, les gens étant en plus culturellement habitués à pêcher et à cueillir de l'assaï en tendant la main. Les enfants sont scolarisés, reçoivent des bourses d'études qui couvrent à peine la moitie des fournitures scolaires. Le problème de la santé est gravissime. La malaria ne touche que peu la ville, mais les cas de diarrhées, allergies, grippes, fièvres jaunes, hépatites, emportent beaucoup de gens, il y a même eu 2 cas de lèpres détectés la semaine dernière, sur une population de 1400 familles. Ce qui est énorme pour une maladie qui se détecte et se soigne très bien.
Ce qui nous frappe tous d'abord est l'omniprésence, en plus ou moins
grande quantité selon les heures, de cette eau très sale baignant les maisons, dans laquelle se mêlent ordures et déjections humaines… La présence de cette eau et le manque d'hygiène induisent
évidemment tous ces problèmes de santé, et le thème de l'eau nous paraît être un axe de travail valable pour notre petite équipe réduite à son lot de techniciens. Sans compétences médicales nous
pouvons intervenir sur la santé en améliorant l’espace environnant les maisons : comment assainir la zone extrêmement polluée dans laquelle les enfants pataugent quotidiennement?
Nous remarquons quelques initiatives existantes bien intéressantes : Les habitants s'organisent en corvée du samedi pour remblayer leurs terrains, certains, habitant déjà sur du "dur", récurent leurs fossés… Mais ces initiatives sont ponctuelles et ne sont pas coordonnées. Les remblais créent des poches d'eau, les fossés non récurés empêchent l'eau de circuler. Et la marée ré-imbibe les sols … L'ensemble manque de cohérence. Nous étudions un petit bout de quartier plus en détail, réfléchissons à un petit projet pour l'assainir.
Nous avons rapidement une idée pour y parvenir. Pourquoi ne pas canaliser le petit bras de rivière qui traverse ce quartier et l'isoler de la rivière avec un barrage? De cette façon, la marée haute ne pénétrerait plus dans le quartier. Le niveau général du bras de rivière étant rabaissé, il est plus facile d'y assurer un écoulement des eaux de pluies et eaux usées en creusant tous les fossés avec une pente un peu plus forte… Et pour évacuer les eaux de pluies à marée haute, une pompe bien dimensionnée suffirait.
Mais un tel projet ne pourrait pas fonctionner si les gens ne changent pas leurs habitudes en termes de toilettes. La présence aujourd'hui de la marée et de l'eau sous toutes les maisons permet d'évacuer une petite partie des déchets et excréments dans l'amazone. Mais demain sans cette eau? Pour éviter une pollution des sols encore plus importante et l'effet contraire de ce que nous recherchons, il est essentiel de travailler sur le thème des toilettes et des ordures. Peut-être des toilettes sèches, vu la quantité de sciure de bois rejetée par les scieries?
L'idée est aussi, vu la démission des autorités dans ces quartiers périphériques, de motiver les habitants pour qu'ils prennent en main leur quartier, leurs conditions de vie, qu'ils assurent eux même l'entretien des ouvrages et fossés, la sécurité de la pompe et du barrage. Créer peut-être, grâce à un projet simple et commun, un esprit de communauté, qui apporterait plus de solidarité, de sécurité dans ces quartiers délaissés. C'est le travail qui demanderait le plus de patience… Un projet de plusieurs années.
C'est à ce stade que nous rencontrons les leaders. Nous ne souhaitions pas les voir dès le début car ils peuvent avoir un discours un peu orienté.
Nous organisons une petite réunion dont le but est de percevoir leurs sentiments sur leur quartier, de leur présenter le projet et de le confronter à leurs réactions quelle qu'elles soient. Le projet répond-il à une priorité? Quels problèmes sous-jacents allons nous rencontrer? Nous apprenons encore une fois qu'ici les projets "ne durent pas". Mais cela dépend beaucoup de l'état d'esprit dans lequel un projet est monté… A nous de jouer… Nous continuons nos recherches, écrivons un dossier, et pensons aller à la pêche aux subventions pour, lors d'un prochain voyage, tenter de mettre en place le projet…
Ce soir, lundi 6 août, nous nous envolons de Santiago du Chili pour Belèm, au nord du Brésil. Avec une demi douzaine de coéquipiers, nous nous dirigerons à Breves, sur l’île de Marajo, à l'embouchure de l'amazone.
L’objectif de ce court séjour d’un mois sur cette île est d’échanger avec les habitants de cette région et d’y établir un diagnostic des besoins de développement. L’idée est à terme de mettre en place une structure Bresilienne et une structure sœur Française.
Ce projet est motivé par une double constatation : les besoins de développement de beaucoup d’habitants de cette île, et la recherche de sens dans le travail de beaucoup de jeunes européens (dont nous, quelque part !). L’idée est de donner du sens au travail de jeunes européens à travers un projet de développement et d’échanges dans cette région.
Nous allons commencer le travail, découvrir la zone, apprendre, voir les manques, les points forts…
Afin d’avancer au mieux cette mission, l’équipe se veut pluri disciplinaire. Chacun avec sa spécialité aura un regard différent, et c’est sans doute une bonne méthode pour être efficace et se rendre compte des priorités et des influences d’une problématique majeure sur chacune des disciplines. Une équipe composée seulement de médecins s’intéresserait moins aux aspects architecturaux, de droits ou d’énergie…
En un mois, nous comptons rencontrer un maximum de personnes là bas afin de bien appréhender la zone et ses problématiques. Les axes de travail seraient : Droits de l’homme, Santé, éducation, habitat.
Nous avons rencontré Pascal, à l’origine de ce projet, au salon des solidarités 2006. Toute sa vie, Pascal s’est consacré au développement et à l’aide des plus pauvres, considérant que l’on a énormément à apprendre de ces gens là. Au travers de l’association du Pain de vie, ils ont mis en place une école pour les enfants de la rue en Inde, des structures pour les enfants des lépreux en Afrique… Cette mission de diagnostic est à l’initiative d’amis habitants à Breves qui lui demandaient depuis plusieurs années si il pouvait organiser quelque chose…
Participeront également au projet Jude, étudiant en architecture, Maria, médecin, Isabelle qui travaille à l’UNSECO, Anaïs, urbaniste, Sandra, juriste… Et nous 2, avec nos 6 mois d’expérience en Amérique latine au sein de différents projets de développement, entre études d’architecture, énergies renouvelable, coup de mains divers et compréhension des besoins et méthodes de certains projets…
Nous espérons être rejoint sur place par des locaux et d’autres personnes, et sommes plutôt impatient de quitter l'hiver chilien pour la côte Brésilienne !