Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 18:43

 

Dusty et Drew, deux nord-américains, étaient présent à Rukullakta en Equateur en même temps que nous. Avec leur caméra "High Definition" ils ont tourné de nombreuses séquences vidéo pour réaliser un film sur le village kichwa, la culture, les problèmes...

En attendant la version longue, une petite vidéo promotionnelle sur Rukullakta...  La vidéo de Rukullakta... De bons souvenirs !

 

Et puis il y a de nouvelles photos du Chili dans l'album...

A bientôt !

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 17:37

Apres 5 mois de travail acharné au sein de plusieurs projets, nous nous programmons enfin des vacances bien méritées...

 

L'objectif, est de rejoindre Lima pour le 1er juillet, afin d'y travailler avec Estrategia... Autant profiter de la descente en bus vers le sud pour découvrir l'Equateur !

 

Notre Périple en Equateur nous emmene donc a Otavalo, au nord, ou nous sommes tres agréablement surpris par la qualité du marche. Entre décoration, habits typiques... tout y est tres coloré, et on ne trouve pas l'habituel souvenir kitsch pour touriste... Vous verrez bien quand on rentrera ! Et Egalement, dans les alentours, une journée de randonnée autour d'une petite lagune au pied d'un volcan. Bien joli !

 


 


 


 


 




 


Et apres cette excursion au nord de la ligne d'Equateur, on va descendre vers le sud. La route vers Cuenca qui passe au coeur de la cordillere des Andes est spectaculaire... Des vallées profondes, des sommets, des nuages, la route qui serpente et qui passe par de petits villages... On gardera un souvenir emu de ces 8 heures de car pour arriver a Cuenca, ville de province sympathique et capitale du "Panama Hat"...

 

 

Quelques visites de ruines Incas, de musées, et une journée de marche pluvieuse dans le parc Cajas plus tard, nous prenons la route vers Cañar (prononcer Cagnar), car on y célebre la fete du soleil...

Inti Raymi, du 21 au 24 juin, c'est l'occasion pour tous les groupes ethniques d'equateur de se retrouver pour celebrer le soleil, danser, faire de la musique... Autrefois cette ceremonie était egalement l'occasion de "sacrifices" de vierges, de beaucoup de Chicha (l'alcool local) et de substances aujourd'hui illicite. Nous n'y découvrons "que" beaucoup de danses traditionelles d'Equateur, tres riches et tres variées.  

 


 


 






 


 

Et nous découvrons egalement avec surprise une coutume locale: La "vaca loca", ou vache folle... ou quelques illuminés, recouverts d'une peau de vache font peter des feux d'artifice au milieu de la foule, qui s'echappe dans un eclat de rire... Un peu dangereux mais tellement drole !!


 


 

A retenir egalement de cette ville, la proximité d'Ingapirca, la forteresse Cañari culture pré inca tres forte d'equateur... Les Cañaris (qui ne sont pas en jaune et vert et qui ne passent pas en 2e division, eux) ont été "Incanisé" lors du mariage de leur princesse avec l'Inca de l'Epoque.

 

 

Et puis de Cuenca, nous passerons au Perou de nuit, par les montagnes... un bus bondé comme beaucoup de bus Equatorien, les jambes toutes repliées, les sacs serrés contre nous...

 

 

On gardera un tres bon souvenir de l'Equateur : Un pays pas trop touristiques, des paysages fantastiques, la jungle, la montagne, des gens adorables et tres ouverts, des groupes ethniques tres variés et fiers de leur culture, un artisanat impressionant... Et encore nous n'avons pas vu la cote pacifique !!

 

Cependant tous ces aspects ne feront pas oublier les difficultés du pays face a de graves problemes de pauvreté, des services publics défaillants, une exploitation pétroliere qui a mis a sac des régions entieres, et des inégalités flagrantes : Comment ne pas s'emouvoir du sort des cireurs de chaussures, des vendeurs de bonbons et de cigarettes qui n'ont pas 6 ans, quand a coté on voit fleurir toutes ces "Urbanisacion", quartiers riches completement fermés et gardés, inaccessibles a qui ne montre pas patte blanche, et ces 4x4 aux vitres teintées partout dans Quito ??


 

Quelques photos supplementaires sur l'Equateur, et sur le site d'Ingapirca sont en ligne

 

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 15:53

 Milton Balseca, le coordinateur national du projet SILAE, travaille dans le domaine des énergies renouvelables et de l’électrification rurale depuis plus de 20 ans.




Ses études d’ingénieur en énergies renouvelables, environnement et efficacité énergétique l’ont d'abord conduit à intégrer l'Institut National de l'Energie en 1983, ou il fut responsable des energies alternatives puis directeur du développement énergétique. A la fermeture de l'institut en 1995, suite à une refonte des organisations gouvernementales, il intègre le ministère de l’énergie et des mines de l’Equateur, en tant que chef du département Energies renouvelables et efficacité énergétique.







Au sein de ce ministère, il contribue au développement de nombreux projets en Equateur:


 - Projets solaires (chauffage de l’eau, séchoir solaire, photovoltaïque, serre…)
 - Projets géothermiques (il existe 17 régions d’Equateur ayant un fort potentiel en eaux chaudes naturelles pouvant être utilisées)
 - Projets d’hydro électricité (projet pilote de création de turbine hydraulique…)
 - Projets de biogaz (bios digesteurs pour l’alimentation d’une cuisinière ou de lampe à partir de déchets organiques par exemple)
 - Et bien d’autres…

A sa sortie du ministère en 2002, c’est avec Michel Matly et Marcelo Neira qu’il lance un projet de grande envergure d’électrification rurale pour l’Amazonie équatorienne, car le développement d’une région passe entre autres par l’accès à la communication (l’Internet) et à l’électricité. Le projet SILAE  (Voir notre article sur le blog) va faire partie du programme @lis, servant à renforcer les liens entre l’Europe et l’Amérique latine dans le domaine de l’information.


S’en suit une grande phase de design du projet. Comment faire pour mettre en place ce projet d’envergure, comment lui donner toutes les chances de réussite ?
L’expérience de ces 3 hommes, en association avec d’autres partenaires nationaux et internationaux (Codenpe, Concope, Comaga, CIE puis l’Ademe) leur permet d’avancer sur ce sujet pas forcément simple :
Comment électrifier les communautés isolées au sein de 6 provinces de l’Equateur ? 42 cantons, 184 paroisses, et 11 nationalités indigènes différentes, soit autant de cultures bien différentes ?

Mais pour Milton, ce défi de taille est extrêmement motivant. En effet, il se définit lui-même comme un « missionnaire de l’électrification rurale pour l’équateur », et toute l’expérience et les leçons acquises lors de ses précédents projets font de lui l’homme à affronter ce défi.

Aujourd'hui, après 3 années de travail, 20 micro entreprises d'électricité ont été crées et vont pouvoir servir 16000 habitants demandeurs, soit 30% de la population sans électricité de la zone..


Les clefs de la réussite de ce projet ?
D’abord le fait de travailler en relation étroite avec les communautés. Les habitants doivent être acteurs, éduqués, compétents et motivés par ce projet dont ils seront bénéficiaires.

Mais ce genre de projets ne va pas sans peine. Comment en assurer la durabilité ? Comment prendre en compte les spécificités culturelles de chaque population indigène ? Comment fixer les tarifs de l’électricité pour que les populations puissent payer, et donc soient réellement bénéficiaires, tout en assurant que la structure distributrice soit rentable ? Comment aider les communautés à se développer, à faire bon usage de cette électricité ? Et surtout comment financer ces projets ?

Autant de questions auxquelles Milton Balseca et son équipe auront à répondre en multipliant les contacts avec les organismes nationaux et internationaux, et en sillonnant toute la zone, très vaste, de la forêt amazonienne équatorienne. Mais cet aspect social, le travail dans des zones isolées, et le progrès et les améliorations que le projet peut apporter à ces gens sont autant de motivations supplémentaires.

Aujourd’hui, toute la zone de l’Amazonie à été répertoriée, les études achevées, les modèles d’entreprises sont prêt, le projet « SILAE I » arrive à son terme. Le projet « SILAE II » va pouvoir commencer : trouver les financements manquants pour mettre en place toutes les solutions d’électrification de la forêt équatorienne, et recommencer les mêmes études pour la côte pacifique… Beaucoup de travail en perspective, et sûrement pour de futurs volontaires intéressés par ce genre de projets.

Aujourd’hui avec Robin, Marianela, Jose (en haut), Paulina, Eugenia et Palmira (en bas), le projet continue d’avancer.



"Quand Soizic et Vincent ont pris contact avec le projet SILAE, pour nous soutenir comme volontaires, ce que nous leur avons décrit les a rapidement séduit. Puis rapidement, ils nous posent les questions traditionelles pour des gens qui ne connaissent pas la jungle equatorienne : les gens sont gentils, les moustiques ne piquent pas, on arrive facilement dans la ville... Mais le plus important c'est d'être plein de bonne volonté pour travailler avec SILAE et les communautés comme Rukullakta.

 

 

Au nom du projet SILAE je veux remercier Soizic et Vincent pour l'aide désintéressée qu'ils ont apporté au projet SILAE et l'Organisation Rukullacta, et en espérant qu'ils retournent un jour travailler dans cette belle région, dernier poumon du monde."





Des paroles qui nous vont droit au cœur, merci Milton !


La version espagnole de cet article a été revue et approuvée par Milton Balséca.

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 15:17
CIAO a l'Amazonie équatorienne...

                             Nos voisins, une petite, nos collocs, et la reine de Rukullacta...

Nous sommes rentrés avant hier soir sur quito.
La fin d'un chouette mois à Rukullacta où nous commencions à connaître des gens bien sympathiques. Un mois c'est court pour faire un travail interessant et efficace. Nous avons donné des cours d'initiation en anglais, Soizic a donné des cours d'autocad (l'aurait elle cru avant de partir?!), Vincent s'est penché sur les fiches de volontariat... et attention, oui oui, nous avons déjà un candidat... Nous avons fait des petites traductions pour la comm de la communauté (triptique) et Soizic a fait une petite étude un peu succinte sur l'architecture Rukullacta (en français - en espagnol).




Initiation à l'anglais


Nous avons profité de ce mois d'exploration pour découvrir les turbines hydrauliques du coin, la jungle amazonienne et la culture Kishwa.






Scènes traditionnelles de chasse et de musique






Nous voici donc à Quito, ou nous pouvons allègrement appeler la famille et les copains... Merci Mûre, merci Nico!!








C'est fou ce que l'on peut faire avec internet, non?

Avanr de rejoindre l'ONG Estrategia au Pérou début juillet, nous nous prenons quelques jours de... vacances (oui, je sais, y'en a qui doivent se dire : ils sont gonflés ceux-là, ca fait 5 mois qu'ils voyagent!)
Ce week end, direction Otavalo, et la semaine prochaine, nous continuons notre descente vers le sud... Cuenca, petit trek si le temps le permet, puis en route vers Lima...
Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 22:34

 


Le week-end dernier, un petit week-end à Baños, dans les contreforts Andins… L’objectif ? Un peu de randonnée pour préparer un trek plus sérieux de quelques jours sur les traces des incas à côté de Cuenca en Equateur.


Objectif atteint, 2 bonnes journées de randonnée :1000 m de dénivelés samedi et rebelotte dimanche! On est rentré plein de courbatures, de coups de soleil, mais contents.

Baños est une jolie petite ville agréable bien que très touristique. Le volcan Tungurahua, en activité constante est tout près. La première randonnée nous a conduit à un mirador, d’où nous avions une vue imprenable sur le volcan. Nous y avons rencontré Carlos, chargé de surveiller l'énergumène. Il gère les équipements de mesures sismiques et est en contact constant par radio avec les volcanologues. En effet, il est à un des postes les plus avancés et peut ainsi donner des informations sur les secousses, les fumées, les bruits, les coulées de laves. En cas d'alerte, évacuation d’urgence de Baños, comme il y a 3 ans… Nous avons eu droit aux fumées bien noires, mais ni lave, ni évacuation d’urgence… Il faudra revenir !

Quelques photos sont dans l'album…

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 00:33

Les contreforts des Andes dans la forêt amazonienne… C’est une région assez pluvieuse (ouh la, aujourd’hui c’est terrible !!), relativement verte et vallonnée. Toutes les conditions sont réunies pour implanter des centrales hydrauliques.

Ici, il y a des grosses centrales hydrauliques avec barrage et lac de retenue, qui produisent du MégaWatt… Ces centrales là (il y en a aussi beaucoup en France) ne plaisent pas toujours, car on est obligé de faire des lacs, donc déplacer des populations et modifier l’écosystème pour les implanter. A beaucoup plus grande échelle, c’est le barrage des 3 gorges (si je ne dis pas de bêtise) sur le fleuve Yang Tse Kyang en chine (combien de km de long ce fleuve d’ailleurs?). La construction de ce barrage va provoquer le déplacement de millions de personnes, l’inondation de milliers de km carrés de terre… Petite parenthèse d’ailleurs les arbres enterrés sous l’eau vont pourrir et libérer en quelques années une bonne quantité de gaz à effet de serre… Alors l’hydroélectricité, ce n’est pas toujours si propre ni bien accepté !

Ceci dit, nous parlons ici de centrales « au fil de l’eau » qui sont beaucoup plus petites et ne nécessitent pas de barrage.
 
La puissance que l’on peut récupérer de ces centrales (et des autres plus grandes !) est proportionnelle à la hauteur de chute et au débit de l’eau… On va donc chercher un endroit avec une chute d’eau et un bon débit, par rapport à ce qu’on veut générer comme électricité. Si il n’y a pas de  chute d’eau, on va la créer.

La pico-centrale hydraulique
Il y a dans la région une solution de pico centrale hydraulique. Il y en a une trentaine à côté de Tena, toutes installées il y a 3 ans grâce à un projet subventionné par la banque mondiale. Toutes les turbines ont été offertes aux bénéficiaires. Certains, devant tant de générosité se sont montrés plutôt récalcitrant, flairant l’embrouille. Mais non, au final le système a été plutôt bien accepté et les gens en redemandent !

Ce sont des systèmes de 200 watts, installés le long d’une petite rivière, Ca ressemble à cela sur le site :

Et ici la turbine qui ne marche plus dans une des familles bénéficiaires… (un roulement à bille défectueux)...

Il y a une prise d’eau en amont de la rivière, et un canal pour amener l’eau avec une pente plus douce que celle de la rivière. De cette façon on crée une chute d’eau de 1 m 50, ce qui est suffisant avec un débit de 40 litres par seconde pour avoir nos 200 Watts

Ces systèmes sont très simples et permettent d’alimenter les lumières de 2 maisons, guère plus. Par contre, obligatoirement avec des ampoules basse consommation… On alimente 10 ampoules basse consommation ou 3 ampoules à incandescence… C’est mieux les lampes basses conso, non ?

En cas de problème, un électricien de Tena est chargé de la maintenance. On lui amène les turbines et il fait son boulot.

Cet électricien, qui a participé à l’installation de ces turbines il y a 3 ans, cherche d’ailleurs à fabriquer ces turbines ici. Il a beaucoup de demande pour d’autres installations et il ne peut absolument pas y faire face. En effet, les modèles installés sont des modèles Canadien fabriqué au Vietnam, qui coûtent de l’ordre de 800 dollars pièce. Ce n’est pas trop cher, mais l’approvisionnement depuis l’étranger est un peu compliqué. De plus, fabriqué localement, cela reviendrait 3 fois moins cher. Le principal problème pour cette « localisation de la fabrication », c’est qu’il faut se procurer des aimants (c’était d’ailleurs également le principal problème pour les éoliennes de BlueEnergy)

Affaire à suivre pour une petite solution simple et pas chère pour avoir de la lumière…


La Micro centrale hydraulique
Il y a aussi dans cette région des solutions plus professionnelles de turbine hydraulique de plus forte puissance. Des turbines allemandes (merci Siemens…) de 42 kW sont souvent utilisées pour alimenter des lycées, des hôpitaux afin de leur donner une indépendance énergétique par rapport au réseau électrique parfois défaillant.

Ce sont des solutions fiables. La turbine du collège de Téna par exemple, fonctionne depuis plus de vingt ans sans faillir. Elle demande seulement un peu de maintenance, (graissage de la machine, nettoyage du canal d’alimentation…)
Mais c’est tout de suite une solution plus conséquente que les solutions de pico centrales… un canal d’alimentation de 3 km de long, avec un débit de l’ordre du mètre cube par seconde, un ouvrage en béton pour la retenue de l’eau, une pièce pour accueillir la turbine et le panneau de contrôle…

Ci-dessous la turbine… Impressionnant n’est-ce pas ?

On peut voir l'arrivée d'eau à droite, qui entraine un démultiplicateur branché sur la turbine (une grosse dynamo... il y a aussi un contrôleur de vitesse en haut à gauche en rouge qui contrôle le débit d'eau en pour garder une vitesse et donc un voltage constant.

Au niveau implantation, cela demande une bonne étude de potentiel hydraulique, (ou hydrologique ?) pour savoir ou faire passer le canal (à faire passer sous des routes parfois), un investissement beaucoup plus important, une personne responsable de l’entretien qui passe régulièrement… Mais ça vaut le coup pour pouvoir alimenter un hôpital ou l’atelier de mécanique d’un collège, non ?

Allez, encore quelques visites de site de turbines hydraulique de prévue cette semaine… A bientôt, et merci d’être arrivé au bout de cet article un peu (trop ?) technique…

 

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 17:56

Le contexte

Le projet SILAE est un projet d'électrification de la forêt équatorienne. Les compagnies d'électricité Equatoriennes ne trouvent absolument pas d'intérêt à servir cette zone du pays.

Les villages sont trop petits, les maisons trop dispersées, les gens trop pauvres et donc potentiellement mauvais payeurs, les routes sont en trop mauvais état, donc le transport et la mise en place des lignes électriques est hasardeuse. Le système éducatif est mauvais, donc il n'y a pas beaucoup de gens compétent pour assurer la maintenance, et la distance à couvrir pour relier les villages est parfois gigantesque, ce qui inclue un coup en ligne électrique assez prohibitif.
 
Bref, même si les compagnies ont obtenus la concession de telle ou telle zone, la nécessité de rester compétitif fait qu'ils n'ont aucun intérêt à travailler dans cette région.
 
C'est dans ces cas la que les ONG, associations et autres projets alternatifs peuvent intervenir. En effet, la notion de rentabilité est beaucoup moins importante pour ces organismes, qui n'ont pas de compte à rendre à leurs actionnaires. (Ceci dit ces organismes doivent quand même rester rentable, gérer leur budget pour travailler dans de bonnes conditions, ne pas perdre trop d'argent sur un projet, trouver des subventions…)
 
 
Le projet SILAE, porté par un ingénieur Equatorien, a pour but de pallier les réticences des compagnies électriques dans l'Amazonie équatorienne. Ce qui au passage pose des problèmes de concessions. Ou comment obtenir la concession de la distribution d'électricité à la place d'une compagnie nationale qui ne souhaite pas travailler dans une zone mais qui ne l'avoue pas… quelques problèmes politiques en vue.
 
Le projet SILAE se divise en plusieurs parties :
 
L'avant projet
 
D'abord les équipes de SILAE ont sillonné l'Amazonie équatorienne pour parler du projet. L'objectif de sensibilisation des populations est extrêmement important. On en profite généralement pour récolter des informations dans les différentes régions (sur les populations sans électricité, les associations ou coopératives existantes…)
 
Ensuite, c'est aux populations intéressées de se manifester. Ce n'est pas au projet SILAE d'imposer un projet, une turbine, un panneau solaire dans une communauté, c'est à la communauté de se déclarer motivée pour recevoir le projet. S'en suit la signature d'une déclaration d'intérêt, sur laquelle la communauté s'engage sur le projet : Ce sera à la communauté de mettre en place l'Entreprise Communautaire d'Electrification Rurale (ECER), aidée par le projet SILAE, bien sur. Les gérants et employés de cette future ECER doivent déjà être sélectionnés.
 
On va pouvoir ensuite commencer une étude de terrain beaucoup plus précise, le design du réseau électrique, la formation des employés, et la recherche de subvention.
 
Le démarrage du projet
L'étude de terrain – ou enquête - est essentielle. Elle permettra de déterminer exactement le nombre de clients (familles, écoles, atelier de fabrication, entreprises…), leur future consommation en électricité, leur localisation géographique, leur capacité à payer la facture… Il est indispensable que cette étude soit bien faite, car c'est elle qui déterminera la façon dont on implémentera le projet, et si le projet est viable.
 
En effet, toutes ces informations sont rentrées dans un petit logiciel qui calculera le coût des investissements et du projet, les tarifs de l'électricité pour les clients, le taux de rentabilité de l'entreprise… Je ne rentrerais pas plus en détails dans les problématiques économiques, il y a de bien meilleurs spécialistes !!
 
Le design du réseau électrique, les ingénieurs de SILAE s'en chargent. Dans cette partie de l'Amazonie bien pluvieuse et toujours un peu montagneuse, il y a un bon potentiel hydraulique. La solution technique est donc souvent constituée d'une petite centrale hydraulique (40 kw) reliée à un réseau moyenne tension et des transformateurs reliés à des réseaux basse tension 110V. Il peut y avoir des panneaux solaires pour les communautés vraiment trop isolées, pour lesquelles le réseau moyenne tension ne serait vraiment pas rentable.
 
Il faut aussi former les employés de l'ECER. Ce sont eux qui assureront la continuité du projet dans le temps. Ils assureront la gestion de l'entreprise au jour le jour, la comptabilité, la maintenance des équipements, le recouvrement des factures, la sensibilisation des clients à la fée électricité… (De l'utilité de mettre des lampes basse consommation par exemple…)
 
Les financements
Jusque ici, il « suffit » de travail. Ensuite, pour l'implantation du projet à proprement parler, il faut des financements. En effet, le matériel coûte cher, et la recherche de subventions est une partie assez difficile. Car l'entreprise locale d'électricité ne peut fonctionner que si les investissements en matériels et l'installation du réseau électrique sont déjà réalisés. Les 700.000 dollars d'investissements initiaux sont beaucoup trop importants pour une structure comme celle-ci. Entre les factures payées et impayés, les salaires, la maintenance, l'entreprise sera rentable dans la durée si seulement ces investissements initiaux sont à la charge de…
 
Alors qui a 700.000 dollars pour le projet de Rukullakta ? Je vous préviens, on ne commencera pas tant qu'on n'aura pas réuni la somme… Alors… J'attends. Qui ?
 
L'Ademe, en France, subventionne déjà toute la structure du projet à Quito (bureaux, matériel informatique, salaires, déplacements…) On se tourne vers la banque mondiale, la commission européenne, des fondations diverses… Comme chacun des 20 projets nécessite à peu près cette somme, il y a un travail énorme.
 
La mise en place
Une fois que les financements sont arrivés, on peut commencer la mise en place des centrales hydrauliques, des systèmes de panneaux solaire, le réseau électrique moyenne tension et basse tension, les transformateurs, les systèmes chez les clients… Et voila, on peut brancher la lumière, un réfrigérateur, une télévision (le fléau du millénaire).
 
L'entreprise peut commencer à fonctionner et tout le monde est content…
 
Sauf que à Rukullakta par exemple, il manque beaucoup d'argent pour commencer. Alors les responsables du projet, les organisations de Rukullakta recherchent les subventions pour démarrer…
 
 
Voici un petit résumé d’un projet d’électrification rurale… Evidemment, il y a quelques raccourcis rapides, vous ne nous en voudrez pas ! Et puis désolé, encore un article sans photos !!

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 16:02

A Rukullakta, à côté de Tena dans la forêt équatorienne, le Peuple Kichwa de Rukullakta (PKR) est très intéressés pour recevoir des volontaires sur différents types de projets, en cours de définition, suivant :
 - Ecotourisme
 - Urbanisme
 - Energie
 - Commerce équitable
 - Cours d’anglais, de français
 - Site internet
 - Recherche de marché pour les produits du PKR.


Les conditions seraient plutôt tranquilles, nourri logé dans une famille, peut être avec une petite participation financière… Aucun problème de paludisme, des gens charmants…

Attention, il faut quand même parler espagnol, être super autonome en général et dans le travail, et ne pas avoir peur de vivre sans eau ni électricité pendant quelques jours…


Nous allons très prochainement mettre des « offres de volontariat » en ligne sur ce sujet. Si vous êtes intéressés, ou avez un ami d’ami intéressé, n’hésitez pas à nous écrire !!

Par contre, si vous avez un stage à valider, le maitre de stage ne pourra surement pas venir à votre soutenance, et il n’est pas sur que le PKR soit reconnu par votre école comme étant habilité à recevoir des stagiaires…

 

Bonne journée !!

 

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 15:16

Ca s?appelle des « Chantaculos », ce ne sont pas des larves mais ça y ressemble beaucoup? ça se développe dans les troncs d?arbres mort et c?est un plat de luxe? ça se cuit dans une feuille d?arbre, c?est gras, c?est bon et on ne mange pas la tête.

 

 

vivant ca donne ca...

et dans l'assiette...

on a une petite vidéo, disponible sur demande...

Bon appetit à tous !

 

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article
25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 20:50

Rukullacta, groupement de communautés Kichwa où nous vivons, est situé près de Tena. Cette « communauté de communes » est un très bon exemple de réussite de projets de développement.

 

Le peuple kichwa, depuis toujours propriétaire de cette région de la forêt amazo-équatorienne et ayant une culture très riche, a été, comme beaucoup d’autres civilisations, asservi par la colonisation. Nous autres occidentaux-colonisateurs, outre le fait de piller des régions entières,  nous avons en plus imposé un modèle de développement, un modèle religieux, un modèle politique et économique, qui ne correspondait absolument pas aux modèles de civilisations déjà en place. Et à quel titre ce modèle « développé » serait supérieur ?

 

Toute la région de la forêt équatorienne a été pendant longtemps sous le contrôle de colons espagnols. Ainsi les kichwas, dont la culture a été « sabotée » pendant de nombreuses décennies, servaient d’esclaves dans les mines d’or de la région.

 

L’Equateur a obtenu son indépendance en 1830. Les peuples indigènes étaient désormais sous le système imposé par le gouvernement. Peu à peu, ils ont manifesté leur volonté de gérer eux même leurs terres et leur développement et en 1998 ont obtenus du gouvernement la possibilité de s’organiser en communautés indépendantes par l’introduction des articles 83 et 84 des Droits Collectifs.

 

C’est ainsi qu’à Rukullakta, les habitants ont créés l’organisation appelée « Peuple Kichwa de Rukkullakta » (PKR),  qui leur permet ainsi d’être acteur de leur propre développement.

 

Ils ont monté, grâce à l’aide d’organisations nationales et internationales, de nombreux projets de développement pour cette communauté de communes qui regroupe aujourd’hui plus de 6000 habitants sur 17 villages. Parmi ces projets :
- Augmentation de la rentabilité  et amélioration de la race pour l’élevage bovin,
- Formation d’un groupe musical traditionnel Kichwa,
- Amélioration des services de santé (système d’eau « potable », centre médico-dentaire, pharmacie…)
- Entreprise d’abattage et de vente de poulet
- Entreprise de Cacao
- Amélioration de l’état des routes pour désenclaver les villages éloignés.
- Pisciculture…

 

Aujourd’hui, d’autres projets sont en cours, sur lesquels nous allons plus ou moins intervenir :
- Agriculture améliorée de Cacao et maïs (Tri, séchage, transformation)
- Ecotourisme
- Planification urbaine à 10 ans
- Formation de la population sur beaucoup de sujets (économie, tourisme, informatique, langues étrangère, culture Kichwa…)
- Et l’entreprise d’électrification, avec le projet SILAE.

Il y a réellement beaucoup d’idées, des moyens importants… c’est vraiment motivant de voir à quel point les choses bougent ici. Même s’il manque toujours une bonne partie des financements pour passer à la réalisation de la plupart des projets. Quelqu’un aurait 700.000 dollars pour terminer d’électrifier ces villages ??

 

 

La raison de la réussite de ces projets ?
D’abord et principalement parce que toutes les idées viennent de la population de Rukullacta. En aucun cas un projet ne peut fonctionner s’il est imposé et porté par des gens extérieurs.
Ensuite, il y a vraiment ici des gens moteurs curieux, éduqués, qui se forment constamment, qui s’organisent…
Au bureau par exemple, il y a une dizaine d’ordinateurs (avec Autocad 2007, oui oui !!), ils sont équipés de GPS pour délimiter leur territoire, et ils savent s’en servir !

 

De plus, le peuple Kichwa est en plein processus d’auto-définition. Les articles 83 et 84 de la loi équatorienne sur les indigènes les autorisent à s’auto définir. C’est ainsi que le PKR et les kichwas s’organisent pour gérer leur territoire, leurs lois, leurs services d’eau et d’électricité, leurs écoles… Tout cela leur permettrait de se développer en accord avec leur culture ancestrale, bien différente de la notre. Ce système leur permettrait également de pouvoir gérer le parc national situé sur leur territoire. En effet, depuis sa création, ils n’ont plus le droit d’y chasser ni d’y pêcher, ce qui les prive d’une grande source de nourriture et de revenus. Comme ils sont absolument capables de gérer ce parc de manière durable, pourquoi pas ??
Cela leur permettrait aussi de gérer les nappes de pétrole, un peu trop présentes dans la région. Car ici, qui dit exploitation du pétrole dit pollution, et pas un rond pour les populations (on pourrait en faire une chanson avec toutes ces rimes !!!). Sans blaguer, la pollution ici signifie destruction de l’environnement donc plus ni agriculture, ni pêche, ni chasse, et fuite des touristes… Donc perte de tous les revenus.

 

 

Alors, on les exploite ces puits de pétrole pour pouvoir faire rouler nos voitures un peu plus longtemps ?? Ou bien on commence tout de suite à anticiper la fin du pétrole et à rouler à vélo, à faire attention aux emballages plastiques, à recycler, à ne plus prendre l’avion (allez, Soizic et Vincent vont rentrer en bateau ?!!), à acheter local et bio (ça coûte plus cher certes, mais il y a moins d’utilisation de pétrole)… en réalité surtout à DIMINUER notre consommation de pétrole et dérivés (plastique, transports…)… de la très bonne littérature sur le sujet sur le site de Manicore…

Et oui, car même chez les kichwas, il y a des conférences sur le réchauffement climatique, ou l’on explique aux kichwas que leur pétrole servira à faire rouler les voitures américaines et augmentera de manière significative la température planétaire… Ils sont presque plus au courant (et plus réceptifs) que nous dites donc !

 

 

Bien le bonsoir, et promis on ne prendra plus l’avion en rentrant en France !!

Repost 0
Published by Vince&Soiz - dans Equateur
commenter cet article